Deux personnes sont mortes au travail après des accidents qui peuvent être liés aux fortes chaleurs, selon l’agence Santé Publique France. En 2020, déjà, entre le 1er juin et le 15 septembre (dates Plan National Canicule), il y avait eu au moins eu 12 accidents du travail mortels « en lien possible avec la chaleur ». Ces deux personnes sont en effet mortes à leur travail dans le cadre d’accidents « en lien possible » avec les fortes chaleurs qui se sont abattues sur le pays, selon les autorités sanitaires.

Le premier décès a eu lieu en Occitanie au début de l’épisode de canicule, soit autour du 12 juillet, et le second en Bretagne lorsque cette région a été placée en vigilance rouge, soit quelques jours plus tard. Ce risque est à prendre sérieusement en compte. Certains métiers sont bien plus exposés que d’autres aux fortes chaleurs. Comme dans le BTP, le bâtiment, le maraîchage, le jardinage, les employés d’entretien et de maintenance des bâtiments. Des secteurs où l’on doit s’adapter pour ne pas trop souffrir. Mais d’autres ne sont pas moins exposés. Selon Le Parisien, par exemple, « À l’arrière de la benne, il fait 60°C », remarquent les éboueurs parisiens, lors du pic de la canicule.

Selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), la réglementation ne définit pas clairement le travail en période de fortes chaleurs. « Toutefois, au-delà de 30°, pour une activité sédentaire, et 28° pour un travail nécessitant une activité physique, la chaleur peut constituer un risque pour les salariés », peut-on lire sur son site. La législation prévoit même la possibilité d’évacuer des bureaux si la température ambiante est supérieure à 34º. Au-dessus de 33º, les risques d’accidents du travail, dont certains peuvent être mortels, sont réels.

S’il faut encore confirmer l’existence d’un lien direct entre la canicule et ces morts, leur annonce intervient dans un contexte européen marqué par plusieurs décès de travailleurs victimes de températures extrêmes. Ces décès, qui ont eu lieu en Espagne ou en Italie, ont par exemple frappé des personnes travaillant dans des entrepôts, ou des salariés agricoles. Ils ont relancé le débat sur les conditions de travail lors d’épisodes caniculaires, conduisant la Confédération européenne des syndicats (CES) à demander l’instauration de « températures maximales de travail ».

La Fédération des accidentés de la vie (Fnath) avertit : le coup de chaleur peut survenir en cas d’exposition prolongée à des températures élevées. Le coup de chaleur est rare mais grave : il est mortel dans 15 à 25 % des cas. Les signes d’alertes d’un coup de chaleur sont : l’hyperthermie, température interne supérieure à 39 °C ; la tachycardie, pouls rapide ; une respiration rapide ; des maux de tête ; des nausées, vomissements

Il peut aussi avoir des symptômes cutanés (Peau sèche, rouge et chaude, absence de transpiration) voire des symptômes neurosensoriels (confusion, comportement étrange, délire, voire convulsions, perte de connaissance éventuelle). Dès que ces signes d’alerte sont détectés chez un travailleur exposé à la chaleur, il faut agir rapidement. Le premier réflexe du collègue ou du secouriste doit être d’alerter ou faire alerter les secours extérieurs.

Les risques d’accident du travail consécutifs à la chaleur sont nombreux. Un outil qui glisse des mains lorsqu’elles sont moites, la transpiration qui gêne la vue… La chaleur peut ainsi entraîner des altérations fonctionnelles et générer des risques pour la sécurité. Lors de l’exposition à la chaleur, des effets psychologiques/cognitifs sont également observés comme l’augmentation du temps de réaction, des erreurs ou omissions. Il est toujours plus difficile d’effectuer une tâche demandant de la précision et plus risqué de réaliser une tâche demandant un effort physique important dans une ambiance très chaude.

L’INRS « rappelle aux entreprises l’importance d’agir en prévention et de sensibiliser les travailleurs à la prévention de ces risques ». L’organisation du travail doit être revue, notamment en adaptant les horaires et en augmentant la fréquence des pauses dans une salle climatisée.

https://actu.orange.fr/ (20/07/2022) ; www.fnath.org/ ;