« Notre maison brûle et nous ne regarderons plus ailleurs ». Un an après la catastrophe de Lubrizol, un ensemble de personnalités, partis et collectifs appellent à se réunir le 26 septembre devant les sites industriels dangereux autour de chez soi. L’idée est de « lancer un réseau d’auto-défense populaire » et de créer une cartographie contributive pour « se réapproprier nos terres face à l’emprise que les dangers industriels font peser sur nos vies ».

L’incendie de Lubrizol à Rouen et une pollution ressentie à plus de 40 km à la ronde.

Aujourd’hui, dans l’Hexagone et en Outre-mer, il y a 500 000 Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE). Ces ICPE présentent des risques d’incendie, d’explosion ou de pollution, qui peuvent se cumuler les uns aux autres et sont aggravés par la crise économique, le réchauffement climatique, la multiplication des sécheresses, l’intensification des tempêtes, jusqu’à des failles sismiques qui semblent se réactiver. Or, sur ces 500 000 sites, usines, fermes ou entrepôts, seulement 41 000 sont soumis à une réglementation et à des inspections spécifiques. Les 459 000 sites restants échappent à toute inspection et leurs données ne sont pas publiques.

C’est donc un énorme scandale puisqu’on peut vivre à côté de sites aussi dangereux sans même le savoir. Ainsi, d’après l’enquête parlementaire, à Rouen, le 26 septembre 2019, le site de l’entreprise Normandie Logistique qui pourrait être à l’origine du départ de feu chez Lubrizol, classée SEVESO, fait partie de ces 459 000 sites non inspectés. Partout de tels effets dominos peuvent se répéter.

C’est pourquoi nous pensons qu’il est temps de se mobiliser concrètement pour :

– produire un savoir populaire des dangers industriels et technologiques,

– empêcher l’allègement de la réglementation qui permettrait l’implantation dans des conditions inacceptables de nouveaux sites industriels tels que les 78 annoncés par le gouvernement en juillet 2020,

– agir pour supprimer les activités industrielles dangereuses remplaçables immédiatement,

– réduire et surveiller celles dont nous ne pouvons pas nous passer dans un premier temps.

Nous n’avons pas besoin des engrais à base de nitrate d’ammonium, dont l’agro-industrie française raffole (8 % de la consommation mondiale) qui sont à l’origine de l’accident de Beyrouth.

Une alternative existe : l’agriculture biologique qui utilise des engrais naturels, à condition d’investir massivement dans la transition agricole.

Pour ce faire, Notre Maison Brûle – plateforme pour une auto-défense populaire face aux dangers industriels, sera l’outil de cette mobilisation pour rendre visibles ces sites dangereux aux yeux du grand public par une cartographie contributive.

Nous devons montrer qu’il est possible de remplacer efficacement ces dangers, mais aussi que les ouvrier.es, les riverain.es et les générations futures ne sont pas condamné.es à travailler et à vivre dans un environnement dangereux pour toujours. Il est urgent de constituer un savoir populaire des dangers que le capitalisme nous fait subir au quotidien, pour éveiller nos esprits et se réapproprier nos terres face à l’emprise que les dangers industriels et technologiques font peser sur nos vies.

Après Lubrizol, après Beyrouth, face à la situation de crise systémique en cours et aux dangers industriels qu’elle fait peser sur nous, habitant.e.s proches de sites dangereux, résident.e.s des quartiers populaires, travailleur.euses, gilets jaunes, militant.e.s de l’écologie sociale, nous appelons à se réunir le samedi 26 Septembre à 14h, à l’occasion de l’anniversaire de la catastrophe de Lubrizol, en solidarité avec les rouennais.e.s, devant les sites industriels dangereux autour de chez nous, pour lancer un réseau d’auto-défense populaire face aux dangers industriels et technologiques par l’enquête et l’action sur le terrain.

Source: https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/

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