La pollution aux particules fines dans l’Union européenne en 2020 a conduit à 238 000 décès, selon le dernier rapport de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) publié fin novembre. Un chiffre en légère hausse par rapport à 2019, année où les particules fines avaient causé la mort de quelque 231 000 Européens. Cette évolution s’explique notamment par l’émergence de la pandémie de Covid-19. Le coronavirus a en effet touché plus durement les personnes présentant des comorbidités liées à la pollution de l’air.

Les particules fines constituent la première menace pour la santé. Accentuée par certaines activités humaines, comme les motorisations diesel, les centrales à charbon ou le chauffage urbain, les particules fines sont particulièrement dangereuses pour la santé. Elles sont accusées de jouer un rôle dans de nombreuses maladies comme le diabète de type 2, l’obésité ou la maladie d’Alzheimer selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elles seraient également l’une des principales causes de cancers. Ces microparticules ne sont cependant pas les seules composantes à être étudiées par l’AEE, qui relève également les conséquences de l’ozone et du dioxyde d’azote sur la santé.

Curieusement, lorsque l’on parle de la pollution atmosphérique, on ne parle pas de l’atmosphère polluée des lieux de travail. Exit l’amiante, le sable, les fibres céramiques réfractaires, les poussières de bois, les poussières diverses dégagées lors du recyclage (verre, déchets divers), les poussières de nettoyage des locaux, etc. Pourtant des milliers de salariés y sont exposés chaque jour. Non seulement 35 000 personnes sont mortes, en France, d’une maladie de l’amiante, entre 1965 et 1995, mais entre 50 000 et 100 000 décès sont encore attendus d’ici 2025. Selon l’Organisation internationale du travail, 100 000 personnes meurent chaque année, dans le monde, du fait de l’amiante.

L’environnement du travail ne ferait-il pas partie de l’environnement tout court ? Evidemment, les instances gouvernementales, comme le corps médical dans son ensemble attribuent facilement les causes de décès liées à ce milieu de travail… au tabac. Oubliant allègrement les évolutions depuis 1950 qui connaissait 35 000 décès par cancers et 72 % de fumeurs parmi les hommes et l’année 2020 qui vit le pourcentage de fumeurs chez les hommes réduit à 27 %, tandis que les décès par cancers s’élèvent à 89 000 ! Dans ce temps, le nombre de cancers diagnostiqués est passé de 170 000 en 1980 à 382 000 en 2018.

Parmi les causes de décès citées, il faudrait aussi ajouter les cancers de la plèvre, du poumon, de la vessie, du nez et des sinus, cancers professionnels qui se développent dans le BTP et la construction pour 18 %; l’automobile (commerce et réparation) pour 10 %; la métallurgie pour 7 %; la santé pour 7 % et les services opérationnels pour 7 %, selon l’Inserm et Arc. Sans oublier les employés du nettoyage qui, à 61 %, sont exposés à la chimie, aux poussières, à la fumée, selon la Dares.

Mais ces éléments ne permettraient pas de se réjouir de la baisse constatée par l’Agence européenne pour l’environnement qui voie le nombre de décès prématurés liés à la pollution environnementale aux particules fines dans les 27 pays européens passer de 431 000 en 2005 à 238 000 en 2020.

Les maladies professionnelles sont le parent pauvre des statistiques de santé autant sur l’Europe que la France. Dans notre pays on observait 110 000 déclarations de maladies professionnelles en 2017, mais seulement 48 522 étaient reconnues d’origine professionnelles. Sur 12 000 cancers possiblement d’origine professionnelle, seulement 1 800 étaient reconnus comme tels (dont 1 440 à l’amiante) et 360 hors amiante. Le tabac avait bon dos pour justifier la non-reconnaissance de l’origine professionnelle des maladies. A tel point que la caisse de maladies professionnelles se voit amputer d’un milliard, chaque année, au profit du Régime général… pour charges indues.

Source : www.novethic.fr/ (28/12/2022) ; www.senat.fr/ Le drame de l’amiante en France ;