Chaque année en France, plus de deux mille enfants ou adolescents déclarent un cancer. La plupart survivent, après de longs et rudes mois de traitement. Plusieurs centaines en meurent chaque année. Quelquefois, les parents se mobilisent pour comprendre, surtout si d’autres enfants du voisinage développent les mêmes pathologies.

Au cours des années 2000, les cancers les plus fréquents chez les moins de 15 ans étaient les leucémies — qui représentaient à elles seules un tiers des cas — qu’elles soient lymphoïdes (globules blancs) ou myéloïdes (globules rouges). Viennent ensuite les tumeurs du système nerveux central (20 % des cas) et les lymphomes (cancer du système lymphatique, 12 % des cas). Chez les 15-19 ans, les lymphomes sont cette fois les plus fréquents des cancers (23 % des cas), suivis par les tumeurs épithéliales ou carcinome (le type de cancer le plus fréquent chez l’adulte) et les mélanomes (peau et muqueuses), selon lemonde.fr 12/04/2017.

Pour la première fois, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) fournit également des chiffres de l’incidence des cancers chez les 15-29 ans : 185 cas pour 1 million d’individus suivis pendant un an. Si l’on considère l’ensemble de la population mondiale, l’OMS dénombrait 14,1 millions de nouveaux cas de cancer en 2012, soit une incidence de 2 000 cas pour 1 million de personnes suivies pendant un an.

« Pourquoi y a-t-il tant d’enfants malades sur notre territoire ? » C’est la question que se posent les parents du collectif Stop aux cancers de nos enfants, basé en Loire-Atlantique. En cinq ans, 24 enfants sont tombés malades dans la commune de Sainte-Pazanne et alentour, cinq sont morts. Les autorités sanitaires ont décrété qu’il n’y avait rien d’anormal. Sidérés, les parents poursuivent leurs recherches (www.bastamag.net/ 27/11/2020).

Un territoire agricole fortement développé et dynamisé par la chimie.

Très déterminés, les parents de Sainte-Pazanne et des environs ont réussi à obtenir en 2019 le déclenchement d’investigations sur diverses sources de polluants par l’agence régionale de santé (ARS), ainsi que le lancement d’une enquête épidémiologique. « Malheureusement, cette enquête ne tient pas compte des 24 enfants, explique Marie Thibaud. En sont exclus : les enfants tombés malades après mars 2019, ceux qui ne sont pas dans les sept communes retenues par Santé publique France, et ceux qui ont plus de 15 ans. Un enfant ayant une double pathologie, c’est à dire un cancer et une autre maladie, a également été mis de côté. »

« On dirait qu’ils ont réfléchi à la meilleure manière de faire disparaître le cluster… » Selon Marie Thibaud, ce nombre restreint de cas retenus explique en partie la disparition du cluster dit de Sainte-Pazanne. Le 23 septembre dernier, Santé Publique France a en effet annoncé qu’il n’y avait pas de « risque anormalement élevé de cancers pédiatriques sur le secteur de Sainte-Pazanne par rapport au reste du département ».

Les statistiques sont bien pratiques pour évacuer le problème. La pratique est aussi connue dans la recherche des maladies d’origine professionnelle. Au lieu de s’interroger sur la concordance des maladies développées parmi les salariés d’une entreprise et les produits employés dans la production, dont toxicité est connue par les fiches de données de sécurité, on répond par une statistique des pathologies développées dans une population extérieure et celles développées dans l’entreprise. Ainsi les cas concrets sont noyés dans la masse et le tour est joué : « ni vu, niconnu ! ». Ensuite, on ne comprendra pas pourquoi au cours de la première décennie des années 2000, la fréquence annuelle de nouveaux cas de cancers chez les moins de 15 ans était supérieure de 13 % à ce qu’elle était dans les années 1980. Elle est passée de 124 cas à 140 cas pour 1 million d’enfants suivis pendant un an, selon l’article publié dans The Lancet Oncology (12/04/2017) par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) établie à Lyon. On ne comprendra pas non plus pourquoi on retrouve des métaux lourds dans l’analyse de la chevelure des enfants…

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