L’amiante utilisé pour le tissage d’étoffes incombustibles, la garniture de freins d’automobiles, la garniture des organes de machines à vapeur, la fabrication d’ardoises artificielles (Fibrociment), de carton, etc. L’amiante est aphlogistique et calorifuge. Les fibres d’amiante sont dangereuses et peuvent provoquer de graves maladies éventuellement reconnues en maladie professionnelle.

Deux demandes de reconnaissances d’un cancer du côlon au titre d’une maladie professionnelle hors tableaux viennent d’être admises suite à une exposition à l’amiante. C’est une victoire de l’association de défense des victimes d’amiante et autres produits cancérogènes de Saint-Avold (57) www.republicain-lorrain.fr/ (07/08/2021).

Selon le Dr Corinne Tutin, Médecin et journaliste santé écrivait en septembre 2016 : l’amiante est directement impliqué dans certaines formes de cancer du poumon, l’amiante (ou plutôt l’inhalation de fibres d’amiante) serait également impliqué dans la survenue de certains cancers colorectaux. C’est du moins ce que suggère une équipe de médecins du travail normands. Une découverte qui permettrait de mettre en place des mesures de prévention. Aujourd’hui, les tribunaux viennent le confirmer.

Le cancer colorectal touche 42 000 Français chaque année. Une découverte récente pourrait avoir des conséquences pour la prise en charge de ce type de tumeur. Selon des médecins du travail de Caen, le risque de développer cette tumeur maligne est notablement augmenté chez les personnes ayant été en contact avec des fibres d’amiante pour des motifs professionnels.

Cette conclusion a été établie à la suite d’une étude menée par le Dr Sonia de la Provoté et ses collègues chez 1 683 ouvriers ayant travaillé dans une usine de garnitures de freins, dans le département du Calvados. Dans cet établissement, plusieurs cas de maladies respiratoires dues à l’amiante avaient été rapportés. De ce fait, des capteurs mesurant la quantité de fibres d’amiante dans l’atmosphère avaient été installés, ce qui a permis d’estimer assez précisément la concentration de cette substance dans les différents ateliers. Rétrospectivement, le parcours professionnel de chaque salarié a été retracé. Cela a permis de mieux évaluer la quantité d’amiante absorbée par chaque travailleur.

L’amiante soit-disant disparue depuis le 31 décembre 1996, réapparaît quelquefois au détour d’un atelier, dans un placard car – même cancérogène – c’est bien pratique pour se protéger de la chaleur. L’analyse des locaux et ateliers en fait encore surgir partout : dans les toitures, les sols, les cloisons, etc. Y compris en état d’effritement, le plus dangereux pour les poumons.

Or le nombre de cancers digestifs (48 cas) observés au sein de cette population entre 1978 et 1992 s’est avéré nettement supérieur à celui attendu (33,9 cas en se fondant sur les registres du cancer du département du Calvados). La probabilité de développer un cancer du côlon et du rectum était également supérieure chez les travailleurs de l’usine. Les médecins ont pu prouver que le danger était fonction du niveau d’exposition journalière à l’amiante.

Habituellement, on recommande de dépister dès 50 ans le cancer colorectal en réalisant d’emblée une coloscopie chez les personnes qui présentent un risque particulier vis-à-vis de cette maladie. Compte tenu du risque assez élevé auquel les anciens travailleurs de l’amiante sont soumis, les médecins normands préconisent d’effectuer cet examen de façons systématique pour cette population particulière. Cela permettrait de détecter un éventuel cancer du côlon ou du rectum débutant et donc encore curable.

Parmi les verriers de Givors, sur 370 anciens verriers nous constatons sept cas de cancers du côlon ou du rectum. En 2011 le taux standardisé monde pour 100 000 personnes est de 392 cas de cancers du côlon ou du rectum chez les hommes selon les chiffres de l’Institut national du cancer (INCa). Sur 370 verriers, nous trouvons 7 cas, alors que nous ne devrions en trouver que 1,54 soit près de cinq fois plus ! Peut-être que les recherches en cours révéleront des sources de cancers du côlon et du rectum autre que l’amiante. Mais on sait déjà que ce cancérogène y était très présent. Nul n’a encore été reconnu en maladie professionnelle pour les cancers du côlon ou du rectum.

Source : https://www.doctissimo.fr/ (15 septembre 2016)