« Je n’adore pas le mot pénibilité, car il donnerait le sentiment que le travail est pénible. » Ces mots, ce sont ceux d’un président qui a commencé son premier quinquennat par la casse du Code du travail et la suppression des CHSCT. Ce sont ceux d’un président qui méprise les organisations syndicales. Ce sont ceux d’un président qui, comme première mesure de son nouveau quinquennat, souhaite passer l’âge de la retraite à 65 ans. Ce sont les mots d’Emmanuel Macron. Ce dernier ignore la pénibilité au travail, au point même d’oublier qu’il y a encore des personnes qui en meurent. Oui, dans notre pays, en France. Des travailleurs et travailleuses du bâtiment, du nettoyage, des ouvriers, des infirmières, etc. : des femmes et des hommes qui, un matin, partent travailler et ne rentrent pas le soir. L’assurance-maladie estime que plus de 1 000 décès, chaque année, sont liés à des maladies professionnelles ou à des accidents du travail. Ce chiffre est probablement sous-estimé car il n’existe pas de comptabilité officielle des morts au travail.

CGT, Ensemble, mai 2022

Ces morts ne sont pas de simples accidents se produisant fortuitement. Plusieurs centaines de morts par an, cela ne peut relever de « la faute à pas de chance ». Le sujet des morts au travail recouvre un fait social lourd dont une des principales causes se trouve dans la dégradation des conditions de travail de nombreux secteurs d’activité. Le recours accru à la sous-traitance et les logiques de rendement des employeurs mettent les travailleurs et les travailleuses en danger, physiquement et moralement. C’est le cas à Paris, où, le mois dernier, est décédé Moussa Gassama des suites d’un accident lorsqu’il nettoyait les vitres d’un centre d’action sociale de la Ville de Paris. C’est le cas pour les chantiers du Grand Paris Express ou encore des jeux Olympiques et Paralympiques 2024 qui, du fait du retard accumulé, ont vu le nombre d’accidents augmenter.

« La vie d’un entrepreneur est bien souvent plus dure que celle d’un salarié. Il ne faut jamais l’oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties », disait Emmanuel Macron en 2016, sans une pensée pour celles et ceux, salariés, qui ont perdu la vie au travail.

Nous, élu-e-s communistes, voulons rendre hommage à toutes ces femmes et tous ces hommes qui sont partis un jour travailler et n’en sont jamais revenus. Cet hommage a pour but de rendre visibles ces morts, D’une part, pour épauler leurs proches, leurs familles, leurs collègues qui se retrouvent seuls avec leur peine. D’autre part, pour mettre au jour ce fait social lourd, pour renouveler un engagement collectif pour améliorer la santé et la sécurité au travail, pour appuyer et encourager le travail essentiel des organisations syndicales.

Source : www.humanite.fr/ (08/05/2022 Bénédicte Dageville, Nicolas Bonnet-Ouladj)