L’analyse conduite par l’association Notre affaire à tous et validée par Jacob de Boer professeur de chimie à Vert de rage révèle des quantité alarmantes dans l’environnement du site industriel d’ARKEMA à Pierre-Bénite. Dans l’air, les taux de PFOA mesurés jusqu’à huit fois supérieures aux valeurs de référence de l’ONU. Dans les sols, les teneurs en PFUnDA dépassent de 83 fois les normes néerlandaises (249 microgrammes/kg contre 3 µg/kg), utilisées comme référence faute de réglementation française. Dans les eaux rejetées par l’usine dans le Rhône, le taux de PFAS est 36 414 fois supérieur à celui relevé dans le fleuve en amont (364 144 nanogrammes/litre contre 10 ng/l). Tous les échantillons d’eau du robinet dépassent les normes européennes qui doivent bientôt entrer en vigueur en France (plus de 200 ng/l sur trois captages contre 100 ng/l). Et la moyenne des PFAS retrouvés dans le lait maternel est deux fois plus importante que chez les femmes hollandaises (160,7 ng/kg contre 70,7 ng/kg) (www.franceinfo.fr/).

Arkema à Pierre-Bénite dont le rejet d’eau polluée ne sont pas soumis à réglementation…

Les perfluorés (PFAS), surnommés polluants éternels, polluants toxiques aussi graves que variés pour la santé, se distinguent par leur capacité à persister dans l’environnement et par leur toxicité. Ils sont utilisés par l’industrie chimique pour leurs propriétés anti-adhésives, anti-taches, ignifuges, hydrofuges ou anti-graisse. On les retrouve dans des produits aussi divers que les poêles, les imperméables, le maquillage ou les boites à pizza. Chaque substance perfluorée a un effet toxique différent. Certains causent des cancers du foie, de l’intestin. Ils peuvent même avoir un effet sur la santé des enfants à la naissance ; plus grave encore, un effet néfaste sur le système immunitaire (www.franceinfo.fr/).

Pour l’eau du robinet, tous les échantillons provenant des champs captant du Rhône dépassent la norme fixée par la nouvelle directive sur l’eau potable, qui doit entrer en vigueur en janvier 2026. Ce texte fixe à 100 ng/l le seuil à ne pas dépasser pour la somme de 20 PFAS considérés comme les plus préoccupants. Cette contamination concerne plus de 200 000 personnes (www.actu-envionnement.com). La Métropole de Lyon a fait parvenir aux maires de Givors et Grigny les résultats de la campagne de mesure de 20 perfluorés qu’elle a diligentée pour contrôler les eaux prélevées dans les réservoirs de Grigny et Givors. Les dernières mesures, contrôlant 20 perfluorés, font apparaître une concentration de perfluorés comprise entre 138,2 ng/L à Grigny et 166,6 ng/L à Givors pour le captage de Ternay dont dépendent les deux communes, soit un taux bien supérieur à la future norme de 100 ng/l.

Cette pollution nous révèle les failles du système de protection. « En France, il n’existe pas de norme concernant les rejets », nous apprend Pierre Clousier, directeur de l’usine Arkema de Pierre-Bénite (Le Progrès, 01/06/2022). « Beaucoup d’entreprises commettent des infractions sur plusieurs années, malgré les rapports établis par la Dreal. Des infractions assez peu sanctionnées par les services de la préfecture. » nous apprend Camille Panisset de l’Association Notre affaire à Tous à l’origine de la révélation sur cette pollution (Le Progrès, 01/06/2022). Du côté de la préfecture on confirme à demi-mots « le préfet du Rhône vient de renforcer la surveillance des PFAS dans les process d’Arkema et de Daikin (Le Progrès, 01/06/2022). Le préfet reconnaît que les trois perfluorés utilisés par Arkema et Daikin n’étaient pas réglementés (www.actu-envionnement.com)

Cette pollution et le laxisme vont bien au-delà : Déchets à l’air libre, délavés par la pluie avec pollution des sols ; stockage de produits dangereux sans bac de rétention. « Les deux entreprises [Arkema et Daikin] ont fait l’objet de nombreuses mises en demeure de la part de l’administration, pour les graves non-conformités constatées, mais cela n’a jamais été suivi de sanctions », relève Louis Tschanz, avocat de l’association (Le Progrès, 01/06/2022).

Ainsi va la vie de la pollution environnementale. Avec de grands discours sur la défense de l’environnement et l’inaction des pouvoirs publics face à l’industrie polluante.