Pierre Dharréville, député PCF de la 13e circonscription des Bouches-du-Rhône a déposé en juin une proposition de loi à l’Assemblée nationale qu’il avait construite avec les syndicats locaux. Cette loi porte sur la reconnaissance et la prévention des maladies liées à l’environnement de travail avec notamment la création d’un cadastre. Celui-ci sera une cartographie des maladies du travail déclarées et reconnues mais également des maladies non reconnues faisant l’objet d’une demande de reconnaissance, avec les postes à risque et leurs sources. « On ne peut pas parler de santé au travail et ne pas prendre des mesures après, affirme le député. Beaucoup de maladies professionnelles passent à travers les mailles du filet, il faut se donner des outils puissants pour éviter ça. »

Des représentants des syndicats locaux CGT de l’industrie étaient présents. Ils pointent tous la précarité de la médecine du travail dans des industries à risques. « C’est très bien que notre député s’empare du sujet », commente Sandy Poletto, secrétaire général de la CGT ArcelorMittal. Secrétaire général de l’UL CGT de Fos-sur-Mer, Roger Lamour dénonce lui le manque de médecins du travail et le peu d’effort fait pour en recruter, ainsi que leur manque d’indépendance par rapport aux patrons qui les embauchent. « La maladie au travail n’est pas une fatalité », rajoute Jean-Philippe Murru, retraité en charge des questions de santé et prévention à l’UL, selon le compte-rendu publié par la quotidien La Marseillaise le 11 juillet.

A l’ Assemblée Nationale, lors de la discussion générale sur une proposition de résolution sur la santé au travail, lundi 22 juin 2020, le député communiste avait développé sa conception pour une meilleure prise en compte de la santé au travail : « agir pour la santé au travail, ce n’est pas simplement évoquer les rampes à accrocher dans les escaliers, ce n’est pas s’ériger en fournisseur de prestations aux employeurs, c’est s’intéresser à ce que devient l’humain dans le travail. C’est tendre vers un travail qui procure la santé, le bien-être. Or, parce que le travail met la personne humaine à contribution, parce que la personne humaine se donne dans le travail, ou bien y est prise, il n’est pas sans effets, sans conséquences, ni dommages. »

Le député revient sur la réalité de la contradiction fondamentale au sein du monde du travail : « Comment donc peut-on parler du travail sans parler du capital ? Comment donc ne pas voir cette contradiction intense qui structure les rapports sociaux, par laquelle le travail est instrumentalisé au service de l’accumulation de richesses par quelques uns ? Comment ignorer que la personne humaine dans son travail est prise dans l’étau de la rentabilité, de la compétitivité ? Comment oublier le sujet du salaire qui permet de vivre bien, ou moins bien ? Comment laisser de côté la question décisive de l’organisation du travail, du dépeçage des métiers, de l’absence de démocratie dans le travail ? Comment évacuer la question du sens du travail ? Prétendre agir pour la santé au travail sans s’élever à ce niveau d’analyse, c’est se contenter de cosmétique. » Et de faire le lien avec la proposition de loi qu’il vient de déposer : « C’est tout le sens de la proposition de loi que j’ai déposée, s’appuyant sur l’expérience du monde du travail dans le Golfe de Fos et sur le pourtour de l’étang de Berre, elle s’attache à créer un cadastre des maladies professionnelles pour lutter contre les maladies éliminables. »

Parmi les verriers de Givors, combien de maladies d’origine professionnelle ne seront jamais reconnues ? Pourtant, 55 produits employés et 3 conditions de travail sont connus cancérogènes.

Et de souligner le divorce entre les paroles et les actes : « En réalité, dès le début de cette législature, le ton a été donné : les Comités d’hygiène et de sécurité des conditions de travail ont été supprimés par ordonnances. Et tout le dispositif pour prendre soin de l’humain au travail a été brusquement dégringolé d’un étage. Non la santé au travail n’a pas été la priorité. La reconnaissance des risques professionnels a été l’une des premières cibles de la majorité. Risques chimiques et psychosociaux ne sont pas pris au bon niveau. La sécurité sociale subit un reformatage libéral et à l’occasion du triste débat sur les retraites, on a pu voir ressurgir une vision décomplexée, niant de nouveau la pénibilité du travail, le présentant sous un jour aveuglément angélique. Enfin, la santé au travail a été négligée dans la gestion de la crise sanitaire et au stade de la relance on a pu voir ressurgir l’obsession du « travailler et produire davantage » qui avait déjà été l’un des leitmotivs pendant la réforme des retraites et à bien d’autres occasions. Le travail prescrit n’occupe-t-il pas suffisamment de place dans les vies, dans les esprits, dans les corps ? »

Il faut agir pour la santé au travail, pour le travail et les métiers, pour l’humain, se donner les moyens d’agir : « Les tableaux de maladies professionnelles qui n’avancent plus ? L’indépendance des services de santé ? Le rôle des CARSAT ? Il faut un grand débat un grand mouvement même ! »

Source : http://www.pierredharreville.fr/ (22/06/2020)

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