Finorga-Novasep, implantée à Chasse-sur-Rhône depuis 1965 a connu en juillet une fuite d’amoniaque que la direction a qualifiée de « légère sans incidence pour l’environnement », selon la presse. Fuite légère qui a tout de même nécessité la mobilisation de 43 sapeurs-pompiers. C’est qu’il ne faut pas plaisanter avec les incidents sur un site classé « Seveso ».

Publié par Le Progrès

La directive Seveso est le nom générique d’une série de directives européennes qui imposent aux États membres de l’Union européenne d’identifier les sites industriels présentant des risques d’accidents majeurs, appelés « sites Seveso », et d’y maintenir un haut niveau de prévention. Cette directive tire son nom de la catastrophe de Seveso qui eut lieu en Italie en 1976 et qui a incité les États européens à se doter d’une politique commune en matière de prévention des risques industriels majeurs. La directive 2012/18/UE du 4 juillet 2012 dite directive Seveso 3, a été publiée le 24 juillet 2012 au Journal officiel de l’Union européenne. En vigueur depuis le 1er juin 2015, elle remplace la directive Seveso 2. Elle concerne environ 10 000 établissements dans l’Union européenne, dont près de 1 200 en France (Wikipedia). Et plusieurs dans l’agglomération givordine.

Finorga, classé Seveso, manipule des liquides et gaz toxiques, inflammables et dangereux pour l’environnement. Dont les risques majeurs se manifestent par des fumées toxiques, incendies et pollutions, avec des risques d’explosions. Comme l’a mis en évidence la « campagne d’information et de prévention 2018, risques industriels majeurs » mise en œuvre par la préfecture de région Auvergne-Rhône-Alpes.

« La fuite est restée à l’intérieur et, selon Le Dauphiné libéré qui rapporte les dires des pompiers, aucun impact n’a été observé à l’extérieur ». Néanmoins, l’entreprise qui compte un effectif de 210 personnes en moyenne, ne peut s’exonérer d’un suivi médical spécifique pour ses salariés au regard des risques encourus. Chez l’homme, l’ammoniac peut passer dans l’organisme humain, principalement par inhalation, C’est « un gaz particulièrement toxique. À une concentration de 500 ppm pour une exposition de 30 min, il commet des effets irréversibles. À une concentration de 3 400 ppm [partie par million], il est mortel en 60 minutes ». Les expositions aux fortes doses sont cependant rares (liées à un contexte industriel ou accidentel, mais c’est le cas présent).

L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), dans sa fiche toxique n°16, met en évidence la toxicité sur l’homme. L’exposition aiguë est responsable de sévères effets caustiques sur la peau et les muqueuses digestives et oculaires. En cas d’exposition répétée, une atteinte de la fonction respiratoire ne peut être éliminée. Certaines études indiquent la possibilité d’effet cancérogène sur différents organes mais restent trop imprécises pour permettre de conclure. Et l’institut rappelle que des valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) contraignantes dans l’air des lieux de travail ont été établies pour l’ammoniac anhydre (Article R.4412-149 du Code du travail). Ammoniac anhydre France (VLEP contraignante – 2006) : VME (ppm) 10 ; VME 7 mg/m³).

Tous éléments qui justifient la vigilance des salariés de l’entreprise, particulièrement des représentants des salariés dans les instances représentatives, notamment du comité d’hygiène et sécurité. La population environnante et les élus locaux doivent redoubler de vigilance, particulièrement sur les mesures de prévention des risques édictées pour les risques industriels majeurs.

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