On nous répète depuis des années que les dépenses de santé sont trop élevées en France, qu’il faut les encadrer, contraindre les hôpitaux à maîtriser leur dépenses dans un budget global. Quelques chiffres simples illustrent l’incapacité du gouvernement, comme de tous les gouvernements précédents, de gauche comme de droite, à sortir de la logique capitaliste dans la santé, quelques tableaux très illustratifs fournis par un organisme officiel, l’OCDE, nous éclairent.

Visiblement, la France est dans la moyenne et très loin derrière le niveau de l’Allemagne, la Corée ou le Japon, en dessous même de la Russie. Si on regarde les lits en soins intensifs, ceux qui coûtent le plus cher, c’est la même chose (les USA ont beaucoup de lits en soins intensifs, et peu de lits au total, peut-être parce-qu’ils sont plus rentables pour le marché privé ?)

A l’évidence, la France n’a pas « trop » de lits d’hôpitaux, et pas trop de lits en soins intensifs, contrairement à ce qu’on nous répètent pour justifier les fermeture de lits, de services médicaux et d’hôpitaux. Ce sont des données de différentes dates, mais de toute façon depuis, la Chine a continué à construire des lits, et la France en a fermé, comme tous les pays européens de l’OCDE !

L’examen de l’évolution des capacités d’accueil dans les hôpitaux au sein des grands pays capitalistes européens, selon les statistiques de l’OCDE, montre que les politiques de réduction des coûts de la santé conduit aujourd’hui à l’impasse face à une épidémie majeure. La Chine a réussi à maîtriser le virus sans avoir plus de moyens matériels que nous, mais est capable de les mobiliser tous. Alors qu’en France, les lits créés en urgence au printemps, avaient tous été supprimés depuis, avant de devoir en recréer cet automne. Pendant que tous les patients victimes d’autres pathologies voyaient leurs soins et interventions chirurgicales différés. Au prix d’une augmentation de la mortalité consécutive aux autres pathologies ! Et à chaque fois, ce n’est pas un renforcement de notre système de santé pour qu’il soit plus robuste dans les crises, c’est un déplacement du problème puisqu’on transforme des lits d’autres services pour augmenter les lits de réanimation; au total, le nombre de lits d’hôpitaux continue à baisser. (https://levenissian.fr/)

Cela montre aussi qu’il ne suffit pas d’avoir beaucoup de lits de soins intensifs, ce qui est le cas des USA, pour vaincre ce virus, et qu’un confinement réellement efficace est indispensable ! Reste à savoir ce qu’est un confinement efficace, et peut-être faut-il demander humblement des conseils à la Chine ou le Vietnam… Peut-être aussi qu’avant le lit en soins intensifs, c’est la qualité et la densité du système de soins de proximité qui compte et que notre système libéral de « médecins de ville » est loin d’être le plus efficace. La preuve est faite par sa saturation, et pas seulement en temps de pandémie.

À Mulhouse, pour désengorger l’hôpital saturé par les malades du coronavirus on a déployé en mars dernier un hôpital de campagne militaire. Avec une capacité d’accueil de 30 lits de réanimation. Cet hôpital de campagne est installé sur le parking habituellement réservé aux personnels de l’établissement hospitalier civil à l’aide de toiles de tente. Dans la même période, la ville chinoise de Wuhan a construit un nouveau centre médical en seulement 10 jours ! Cet hôpital s’étend sur plus de 600 000 m² pouvant accueillir 1 000 lits. En plus de cet hôpital, les autorités chinoises ont annoncé la construction d’un second bâtiment de 1 300 lits à l’autre bout de la ville, lui aussi exclusivement dédié aux malades du coronavirus. Ce n’est pas une première, la Chine avait déjà construit à Pékin un hôpital dans un temps record – une semaine – lors de l’épidémie meurtrière de Sras, le syndrome respiratoire aigu sévère, en 2003. Selon l’agence Chine nouvelle, le nouvel hôpital édifié à Wuhan est conçu sur le même modèle. (https://www.huffingtonpost.fr/)