Les soixante dossiers des verriers de Givors engagés devant le Conseil des Prud’hommes de Lyon en 2013 pour réclamer à O.I.-Manufacturing, repreneur de BSN Glasspack, des attestations d’exposition à l’amiante et aux hydrocarbures, et l’indemnisation du préjudice d’anxiété sont pendants devant la Cour d’appel de Lyon. Ces attestations d’exposition sont indispensables pour obtenir un suivi médical post-professionnel par l’Assurance maladie. Cette procédure collective, devant la Cour d’appel vient d’être réactivée et la Présidente a réuni en décembre une délégation des verriers et les représentants de l’entreprise O.I.-Manufacturing pour leur proposer une médiation. Les représentants des verriers accompagnés de Me François Lafforgue leur avocat ont accepté la voie de la médiation. Mais de son côté O.I.-Manufacturing vient de rejeter cette voie préférant la poursuite de la procédure. Gagner du temps, toujours, tel est le credo de la multinationale étasunienne. Ainsi, l’audience devant la Cour d’appel de Lyon pour les 60 verriers se déroulera en septembre 2021.

A la verrerie, le graissage des moules à 800° dégage une vapeur d’hydrocarbure hautement cancérogène, des HAP., toutes les 20 minutes. L’amiante y est largement utilisée.

Le combat des verriers de Givors, pour la reconnaissance de l’origine professionnelle des pathologies qui les frappent, se poursuit. Commencée il y a plus de dix ans, cette lutte unitaire avec leur association compte désormais un certains nombre d’acquis. Quatorze maladies professionnelles ont été reconnues par la Sécurité sociale ou devant les tribunaux. Quatorze dont huit consécutives à une exposition à l’amiante, une suite à l’exposition à la silice, une liée à l’exposition au benzène, une résultant d’une exposition à l’arsenic, une inhérente aux huiles minérales et deux consécutives à une polyexposition à l’amiante, aux hydrocarbures et solvants. Cette dernière reconnaissance en polyexposition – une première nationale – a été obtenue de haute lutte car l’entreprise s’est portée jusqu’en Cassation, où elle a été déboutée.

Ces résultats sont d’autant plus remarquables pour une entreprise qui comptait 317 salariés à sa fermeture en 2003 que dans sa branche d’industrie – le verre d’emballage comptant 14 000 salariés – seulement vingt-huit maladies professionnelles ont été reconnues en quatre ans (selon la CNAMTS). La différence réside dans l’organisation d’un combat collectif pour la reconnaissance de l’origine professionnelle des pathologies.

Outre ces quatorze maladies professionnelles reconnues, l’entreprise a d’ores et déjà été condamnée à six reprises pour « faute inexcusable » par les tribunaux. Ces condamnations soulignent la responsabilité de VMC-BSN-DANONE dans son peu d’égard pour le respect de la santé des travailleurs. Et ce n’est pas fini. Deux dossiers sont actuellement en instance pour la reconnaissance de la « faute inexcusable ». Deux autres dossiers pour la reconnaissance de maladies professionnelles sont pendantes devant la Cour d’appel de Lyon.

En 2020 le combat des verriers continue pour la justice, le droit au respect de la santé au travail. Lors de la prochaine assemblée annuelle de l’association le 4 février prochain à 14 heures, salle de la Freydière à Givors, ils débattront des nouvelles étapes.

Consultez, sur le site www.verriers-givors.com l’actualité des maladies professionnelles et environnementales mises à jour régulièrement.

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