Une exposition significative de 78 % du personnel de la verrerie de Givors à l’amiante.

Les attestions individuelles d’exposition à l’amiante délivrées par la direction et les reconnaissances en maladies professionnelles par la Sécurité sociale consécutives à une exposition à l’amiante (tableaux 30 et 30 bis et hors tableaux) doivent être rapprochées de l’organigramme de l’entreprise afin de mieux appréhender les secteurs et le nombre de salariés exposés à ce cancérogène. Un document de deux pages « Qui fait quoi », publié en septembre 1993 dans TOPO, le périodique de la direction de VMC-Givors nous permet cette identification.

10 SF, choix jour et entretien secteur froid, 21 personnes : 3 reconnaissances en maladies professionnelles ; 1 attestation amiante pour un électromécanicien, puis entretien ;

D 12, entretien machines IS, 25 personnes : 2 reconnaissances en maladie professionnelle amiante ; 8 attestations amiante ;

Moulerie, 30 personnes : 8 attestations amiante ;

Fabrication postée brigade 1, 19 personnes : 5 attestations amiante ;

Fabrication postée brigade 3, 17 personnes : 3 attestations amiante ;

Production fabrication jour, 14 personnes : 1 attestation amiante ;

fabrication postée brigade 4, 18 personnes ; 1 reconnaissance en maladie professionnelle amiante (polyexposition) ; 6 attestations amiante ;

fabrication postée brigade 2, 16 personnes : 2 attestations amiante ;

fabrication postée brigade 5, 17 personnes : 5 attestations amiante ;

Fusion postée, 12 personnes : 1 reconnaissance en maladie professionnelle amiante ; 5 attestations amiante ;

Fusion jour, 10 personnes : aucune attestation, mais pourquoi ceux de journée seraient-ils moins exposés que les postés ?

Entretien travaux neufs (ETN), 25 personnes : 1 reconnaissance en maladie professionnelle amiante ; 7 attestations amiante ;

Choix postés, brigade 5, 26 personnes : 1 attestation amiante ;

Choix postés, brigades 1 (23 personnes), brigade 2 (27 personnes), brigade 3 (24 personnes), brigade 4 (22 personnes), soit au total 96 personnes. On peut s’étonner qu’un seul salarié de la brigade des choix postés reçoive une attestation amiante alors que tous ses collègues en sont privés. Alors même qu’un des leurs (brig. 4) est décédé d’un cancer de l’amiante (procédures en Cour d’appel).

On observe que les 12 premiers secteurs représentent un effectif de 224 personnes. La revue TOPO de mars 1994 annonçant un effectif de 411 personnes au 31/12/1993 (29 femmes, 382 hommes), ces 12 secteurs représentent déjà plus de la moitié du personnel de l’entreprise. Auxquelles il faudrait rajouter celles du Choix postés, brigades 1 (23 personnes), 2 (27 personnes), 3 (24 personnes), 4 (22 personnes), représentant 96 personnes. Soit au total, sensiblement, 78 % de l’effectif ! Avec ces données croisées d’effectifs par service, distribution d’attestations individuelles d’exposition à l’amiante par la direction ou de pathologies reconnues par la Sécurité sociale ou les tribunaux consécutive à une exposition à l’amiante, nous sommes loin d’une exposition non significative du personnel de la verrerie de Givors. Il faudrait en outre justifier que dans une même brigade de travail, d’un même atelier, que deux compagnons effectuant le même travail, dans les mêmes conditions, ne reçoivent pas chacun la même attestation d’exposition aux risques d’un même cancérogène. Nous attendons encore cette justification.

Ci-joint la reproduction de l’organigramme de l’entreprise publié en septembre 1993 qui sert de support à l’identification dans l’entreprise des salariés destinataires d’attestations d’exposition à l’amiante et des victimes de maladies professionnelles consécutives à l’amiante, reconnues par la Sécurité sociale ou le Tribunal des affaires de Sécurité sociale (hors tableaux).

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