Les Maladies professionnelles reconnues, un indicateur dont on se passerait bien.

A la verrerie de Givors, entre 2002 et 2016, nous enregistrons la reconnaissance de huit cancers dus à l’amiante aux tableaux 30 et 30 bis, plus deux cancers des Voies aérodigestives supérieures reconnues hors tableaux en polyexposition à l’amiante, aux hydrocarbures et solvants :

– un électromécanicien au secteur 10 SF (qui a développé deux cancers reconnus) ; – un chaudronnier en maintenance au secteur 10 SF ; – un technicien de développement informatique au secteur 10 SF ; – un au secteur choix et fusion posté ; – un au D12 entretien fabrication ; – un au traitement de surface et fabrication ; – un entretien fumiste ; – un en fabrication (qui a développés deux cancers reconnus en polyexposition).

La moyenne d’âge de reconnaissance des cancers est de 71 ans (le plus jeune à 64 ans), ce qui souligne, une fois de plus que ces cancers d’origine professionnelle se déclarent bien après l’âge de départ à la retraite et sont reconnus comme tels bien plus tard encore. Comme apparaît alors dérisoire, incongrue cette argumentation de la partie adverse dans nos procédures de s’étonner que l’on n’ait pas demandé plus tôt l’inscription du site de la verrerie de Givors dans la liste des sites amiantés du ministre du travail.

INRS, Les maladies professionnelles, guide d’accès aux tableaux du Régime général de la Sécurité sociale.

Alors que nous est contestée la reconnaissance de l’exposition du personnel de la verrerie de Givors à l’amiante – pendant que plusieurs autres verreries de la branche verre d’emballage sont inscrites (sur décision de justice) – la comparaison avec les risques cancérigènes connus dans la profession est tout à fait soutenable. Aujourd’hui, nous enregistrons à Givors les reconnaissances suivantes :

– une au tableau n° 4 (exposition au benzène); – une au tableau n° 20 (exposition à l’arsenic); – une au tableau n° 25 (exposition à la silice); – sept aux tableaux 30 et 30 bis (exposition à l’amiante); – une au tableau n° 36 (exposition aux huiles minérales); – deux reconnaissance hors tableaux (polyexposition à l’amiante, aux hydrocarbures et solvants);– deux condamnations d’O.I.-Manufacturing pour faute inexcusable (dont une sur l’amiante).

Dans cette branche industrielle qui compte 14 140 salariés (2010), on a enregistré sur quatre années seulement 28 reconnaissances en maladies professionnelles (dont 20 consécutives à l’amiante), selon la CNAMTS. Ce risque est donc largement évident à la verrerie de Givors comparativement à sa profession.

Le guide de l’INRS, pour l’accès aux tableaux de reconnaissance des maladies professionnelles consécutives à l’exposition à l’amiante, nous indique en outre que cette exposition peut endommager d’autres fonctions vitales que les poumons, au travers de pathologies cardio-vasculaires ou hépato-gastro-intestinale voire engendrer d’autres cancers, notamment des voies aérodigestives supérieures comme l’a reconnu le Tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Lyon en faveur d’un verrier de Givors.

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