Les verriers de Givors ont décidé de ne pas se taire !

Au travers de onze articles « Significatif-1 à 11 », publiés sur leur site Internet www.verriers-givors.com, les anciens verriers ont tenu à souligner la pratique scandaleuse de la direction d’une entreprise – BSN-VMC-DANONE – dont les patrons se sont longuement réclamés de la gauche, mais fricotant périodiquement avec le pouvoir de droite selon les intérêts du moment (cf. Le Dernier de la classe, Antoine Riboud).

Nous pouvons constater tout le long du processus dit « de consultation des représentants du personnel » le peu de cas fait du formalisme nécessaire à la validité de cette consultation sur un sujet aussi grave pour la santé future des travailleurs exposés à l’amiante. L’opinion des élus du personnel, pas davantage que celle du médecin ou de l’inspecteur du travail ne sont pris en compte. La définition des salariés exposés, comme leur temps d’exposition réels sont transcrits en dehors de toute concertation avec les élus du personnel. Pourtant le directeur-président du CHSCT tira le rideau dans le PV du 18 février 2003 : « Nous clôturons cette consultation ».

Le combat des verriers de Givors pour le classement « amiante » du site givordin – Lors de l’audience devant la Cour administrative d’appel de Lyon, le 17 septembre 20018 / © V.Benais

Avec les éléments SIGNIFICATIFS que nous apportons, nous sommes loin des temps d’expositions retenus par la Cour administrative d’appel de Lyon dans son arrêt du 8 octobre 2018, à partir de documents élaborés unilatéralement par l’une des parties, sans concertation avec les élus du CHSCT. Ce qui conduit les juges à constater qu’« une telle activité ne peut être considérée comme revêtant un caractère significatif au cours de la période considérée comprise entre 1966 et 2003 ». Et à rejeter le recours des verriers contre la décision du ministre du travail de ne pas inscrire la verrerie de Givors dans la liste des sites amiantés, avec toutes les conséquences humaines que l’on connaît aujourd’hui : refus des pré-retraites ACAATA pour les salariés exposés à l’amiante, refus des suivis médicaux post-professionnels et difficulté de reconnaissance des maladies professionnelles par la Sécurité sociale.

Nous sommes loin de l’appréciation de l’inspecteur du travail qui considérait dans sa note à la DGT : « Il n’y a aucun doute quant à l’exposition des salariés au risque amiante ».

Le recours devant le Conseil d’État ne sera peut-être pas pris en considération. Mais l’association des anciens verriers de Givors a décidé de ne pas se taire devant une telle violation des droits des travailleurs et des victimes présentes et futures (hélas) de l’exposition aux risques cancérigènes de l’amiante sur leur lieu de travail. Le personnel de cette verrerie paye un lourd tribu à cette exposition à l’amiante : 7 cancers consécutifs à l’amiante reconnus par la Sécurité sociale sur un effectif de 645, alors que dans la branche du verre d’emballage, ont été reconnus 20 cancers liés à l’amiante sur 14 000 salariés. Au nom de ces victimes le combat pour la vérité doit se poursuivre.

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