« On ne peut réduire les risques encourus, à la durée d’intervention lors d’un changement de produit en amiante, sur un feeder ou sur une arche. »

L’exposition la plus dangereuse c’est quand les plaques d’amiante sont chauffées, car c’est l’état où l’amiante va se volatiliser et les personnes à proximité vont respirer ces particules.

Nous allons retrouver cette situation, autour du four, ainsi que le long des feeders, où des blocs d’amiante sont utilisés pour fermer les ouvertures qui permettent de contrôler le process. Sur chaque machine de production, ainsi qu’à l’entrée de chaque arche de recuisson.

Fiche n° 1, les maçons fumistes sont exposés à ces particules à chacune de leurs interventions. En moyenne 3h/jour soit 15h/semaine, soit 660 h par an.

Fiche n° 2, les fondeurs contrôlent le process de fusion, en enlevant les tampons en amiante très chauds sur les ouvertures du four lors de leur tournée pendant le poste. En moyenne 4h/jour soit 20h/semaine, soit 880 h par an.

La goutte de verre se forme à 1100°. Durant un poste de 8 heures, le personnel de fabrication va rester 6 h autour de sa machine.

Fiche n° 4, en fabrication le personnel posté sur machine IS reste à proximité des plaques de pose en amiante, des doigts de ripage en asbestolite, et les barres de poussoir dont les triangles sont en amiante. Ils sont dans une ambiance chaude et la ventilation est permanente ce qui accentue la charge de particules d’amiante respirée. Durant un poste de 8 heures, le personnel de fabrication va rester 6 h autour de sa machine (il y a huit machines). En moyenne 6 h/jour, soit 30 h/tournante, soit 1 320 h par an.

Pour les personnes d’entretien département 12, c’est 5 h d’intervention en changement de fabrication, démarrage à chaud, intervention en dépannage sur machine en production, y compris pendant les semaines d’astreintes. En moyenne 5 h/jour soit 25 h/semaine, soit 1 100 h par an.

Fiche n° 5, c’est idem que pour le personnel de fabrication, soit 1 320 h par an.

Fiche n° 9, le personnel spécialiste des traitements de surface interviendra pendant les changements de fabrication et suivra l’évolution du process plusieurs heures après le démarrage machine. En plus, chaque jour il vérifiera sur site l’état des installations des huit machines et ce plusieurs fois par jour. En moyenne 6 h/jour, soit 30 h/semaine, soit 1 320 h par an.

Fiches n° 10 et 11, en plus de ses interventions sur chaque changement de fabrication et dépannage, en atelier le personnel de réparation feeder usinera des blocs d’amiante pour se protéger lors des interventions à chaud. Le personnel de mise à l’arche usine les doigts de ripage et les triangles des barres de poussoir, ainsi que les plaques de pose et tous les guides le long du convoyage des articles à chaud. En moyenne 2 h/jour, soit 10 h/semaine, soit 440 h/an (1 100 + 440 h soit 1 540 h/an).

A la lecture de ce témoignage, nous sommes loin des conclusions de l’arrêt de la Cour administrative d’appel de Lyon du 8 octobre 2018 : « la description de tâches de certains employés ainsi que les fiches d’exposition d’amiante élaborées en 2003 à partir d’une enquête auprès des personnels concernés, lesquels font état d’une exposition d’une heure par semaine pour les fondeurs et de moins de 30 minutes par semaine pour les secteurs de fabrication et d’entretien, ne permettent pas de démontrer la proportion de salariés qui ont été affectés à des opérations de calorifugeage à l’amiante au sein de l’établissement concerné. Dans ces conditions une telle activité ne peut être considérée comme revêtant un caractère significatif au cours de la période comprise entre 1966 et 2003 ». Ce qui a justifié la décision de l’association des anciens verriers – qui contestent le caractère non significatif de leur exposition à l’amiante – de se porter devant le Conseil d’État.

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