La concordance des temps entre la liquidation des emplois de Renault-Trucks et les promesses du président à Sanofi en laissera plus d’un dubitatif ! Alors que Renault-Trucks annonce la suppression de 463 emplois afin « d’adapter les effectifs à la crise économique provoquée par l’épidémie du Covid-19 ». Et qu’il faut se préparer à un niveau d’activité inférieur à ses niveaux d’avant crise « à cours et à moyen terme », la direction précise que ces réductions d’effectifs ne toucheront que les seuls techniciens et cadres. Le président Macron arrive le lendemain chez Sanofi à Marcy-l’Étoile avec 200 millions en poche.

Renault-Trucks compte 7 500 salariés en France. En 2019, sa rentabilité qualifiée d’« exceptionnelle », atteignait 12 %. Pour Renault-Trucks il s’agit d’« ajuster » les effectifs en France, « à restaurer notre compétitivité et assurer notre développement à long terme ». L’établissement de Vénissieux-Saint-Priest, qui compte 4 000 salariés en perdrait 443, soit 11 %. Selon les syndicats, le seul secteur de la Recherche & Développement perdrait 285 postes, soit un peu plus de 20 % de ses effectifs. Déjà en 2014 et 2015, des plans sociaux avaient été menés chez Renault-Trucks pour « améliorer la rentabilité du groupe Volvo ». La mise en réserve pour 2020 de deux milliards de dividendes de l’année, non encore distribués, permettrait de « faire face aux conséquences de la crise ». Outre l’effet d’annonce – en parallèle au dégraissage d’effectifs – deux milliards de dividendes soulignent le coût du capital dans cette entreprise. « Notre volonté est de nous appuyer uniquement sur des mesures de départs volontaires et des mobilités internes, et ainsi de ne procéder à aucun licenciement contraint », affirme le président de Renault-Trucks SAS, mais la liquidation d’une partie de l’équipe de recherche-développement, n’est sûrement pas le meilleur moyen de préserver l’avenir du groupe, particulièrement de l’unité de Vénissieux-Saint-Priest. En outre, ce n’est pas le meilleur moyen de lutter contre la hausse du chômage.

Une promesse de création de 200 emplois contre la liquidation de 450 !

Emmanuel Macron injecte 200 millions dans la production française de médicaments, à Sanofi particulièrement. Si on songe au 1,5 milliard d’euros de crédit d’impôt recherche alloués parallèlement à la multinationale en dix ans, tandis qu’elle supprimait 2 500 postes dans la recherche-développement en France, on peut s’interroger.

200 millions d’argent public supplémentaire pour financier un projet de Sanofi à Neuville-sur-Saône, baptisé « Evoluive vaccine facility » (EVF) avec promesse de création de 200 emplois, annoncés avec beaucoup de conditionnel. Renflouement d’une unité en « échec commercial » du vaccin contre la dengue, pour financer un nouveau procédé mise en œuvre que depuis deux mois « que l’on espère » pour mi-2021 « si tout se passe bien ». C’est un peu léger pour un financement public sans condition. Beaucoup de PME, pour des projet bien plus élaborés, en attendraient bien moins. Pour « corriger » […] « nos dépendances et vulnérabilités ».

Mi-avril, le patron des laboratoires Upsa, un des leaders sur les produits à base de paracétamol, avait expliqué à Paris Match que même avec une usine basée dans le Lot-et-Garonne, l’entreprise restait dépendante de fournisseurs étrangers. « La matière première, en effet, vient de l’étranger. C’est un autre métier, celui de chimiste. Il y a encore dix ans, c’était Rhodia, une filiale de Rhône-Poulenc, qui la produisait. Aujourd’hui, nous achetons 85% du principe actif du paracétamol aux Etats-Unis. Les 15% restants sont achetés en Chine » (www.parismatch.com/ 16/06/2020). C’est ainsi que l’on apprend que nous ne dépendons pas de Chine, mais des États-unis pour 85 % du principe actif du paracétamol ! Mais, il y dix ans c’était déjà Sanofi qui était à la manœuvre et qui a délocalisé la production aux Etats-Unis et en Asie. L’oublie-t-on ? Comme le disait Henri Queille (1884-1970) président du Conseil sous la Quatrième République : « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ».

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