Pour la 26ème année consécutive, les dividendes des actionnaires de Sanofi sont en hausse. Son président, Olivier Bogillot, l’avait annoncé lors d’une émission animée par Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV en déclarant : « La distribution de dividende aura lieu […] Cela sera un peu supérieur à l’année dernière, un peu en dessous de quatre milliards ». Distribution confirmée par l’Assemblée générale des actionnaires le 28 avril. Parmi ces pauvres bénéficiaires on retrouve le groupe l’Oréal, premier actionnaire qui détient 9 % des actions, qui empoche près de 373 millions d’euros. Le fonds vautour BlackRock, qui conseilla Macron dans la réforme des retraites, encaisse 200 millions de dividendes (http://www.verriers-givors.com/, 11/05/2020).

Depuis le 23 octobre 2019, jusqu’au déclenchement du confinement, une partie des salariés du site de l’usine Sanofi de Mourenx (Pyrénées atlantiques), exposés à des produits toxiques, faisaient tourner l’usine au ralenti pour réclamer de meilleures conditions de travail et une retraite anticipée. Le 17 février dernier, une cinquantaine de militants de la CGT Chimie et des écologistes manifestaient à Mourenx pour dénoncer les conséquences sanitaires de la pollution industrielle autour du bassin de Lacq. Les militants fustigeaient, entre autres, la remise de la Légion d’honneur à Serge Weinberg, président du conseil d’administration de Sanofi.

Le groupe pharmaceutique est inculpé pour « tromperie aggravée » et « blessures involontaires » dans l’affaire de la commercialisation de la Dépakine. Au printemps 2018, un rapport accablant de la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) révélait que l’usine rejetait jusqu’à 190 000 fois plus que la norme autorisée des substances cancérogènes – bromopropane et valproate de sodium. Un choc pour les 66 salariés en première ligne. « En novembre 2019 des analyses sur les salariés révélaient des traces de Dépakine dans le sang », relate Jean-Louis Peyren, secrétaire de la CGT Sanofi, qui a porté plainte contre X pour mise en danger d’autrui. En mai, puis en octobre 2019, l’inspection du travail jugeait non satisfaisante la mise aux normes de l’usine, notamment des systèmes de ventilation et d’aspiration d’air. Elle considérait alors que Sanofi ne pouvait affirmer maîtriser le risque chimique, ce qui est passible d’une sanction pénale. « Nous demandons un départ à la retraite anticipé de dix jours par année d’exposition et une prime de 180 euros net mensuels. La direction propose quinze jours pour quinze années d ‘exposition aux produits toxiques », témoigne Jean-Louis Peyren. Quel mépris face aux salariés que Sanofi empoisonne, révèle Ensemble le périodique de la CGT.

En mars 2009 à Lyon, lors d’une manifestation, les salariés de Sanofi dénonçaient la suppression des emplois dans les laboratoires.

Les conflits de Sanofi avec ses salariés pour le respect de santé au travail ne sont pas récents et la complaisance des pouvoirs publics à l’égard du mastodonte de la chimie pharmaceutique française non plus. Le Canard enchaîné du 28 mars 2012 titrait « Quand la Sécu engraisse Sanofi » à propos d’une condamnation du groupe dans une affaire de maladie professionnelle liée à l’amiante dans son usine de Vitry dans le Val-de-Marne. Un ouvrier de 63 ans était mort d’un cancer broncho-pulmonaire, emporté en six mois. Ses proches, épaulés par la CGT, avaient obtenu la reconnaissance en maladie professionnelle et l’entreprise avait été condamnée en faute inexcusable et à 250 000 euros d’indemnisation. Mais Sanofi ne s’acquitta pas de cette condamnation. La Sécu s’était trompée d’adresse… Et ce n’est pas la première fois. Le Canard le soulignait : « Entre 2009 et 2012, rien qu’avec Sanofi, le préjudice pour la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) tourne autour de 800 000 euros, déboursés en lieu et place de l’employeur par la branche ‘‘accident du travail’’ ».

Sanofi est un groupe habitué des cadeaux publics. Il bénéficie chaque année de plus de 150 millions d’euros d’argent public au titre du Crédit d’impôt recherche (CIR), soit 1,5 milliard sur 10 ans ; alors même que 300 emplois sont en train de disparaître dans ses services de recherche et développement (R & D). A cela vient s’ajouter le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE) qui de 13 millions en 2013 est passé à 24 millions en 2018… pour ses liquidations d’emplois. En outre, plus de 80% du chiffre d’affaire de Sanofi provient du remboursement de la Sécurité sociale. En vérité, cette multinationale française vit sous perfusion d’argent public. De l’argent qu’elle dilapide généreusement à ses actionnaires ! Plus de 3,95 milliards d’euros de dividendes ont ainsi été versés au titre de l’exercice 2019.

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