L’ex-DRH et actionnaire de Danone se soucie des emplois !

Si la ministre du Travail ne veut pas de hausse du salaire minimum, c’est dans l’intérêt de ceux qui le touchent. « Le coup de pouce au Smic, on sait que ça détruit des emplois, donc ça n’est pas la bonne méthode » a assuré Muriel Pénicaud le week-end dernier. En matière de lien entre destructions d’emplois et niveaux de rémunérations, l’ex-DRH de Danone en connaît un rayon. Ce n’est certes pas la hausse du Smic qui a provoqué la suppression de 900 emplois qu’elle a mené à bien en 2013 dans l’encadrement du géant agroalimentaire, mais l’appétit de profit de ses dirigeants et actionnaires. Celui-ci est aussi, il est vrai, une forme de rémunération, laquelle récompense le capital sur le dos du travail. Or Muriel Pénicaud en a directement bénéficié comme détentrice de stock-options, empochant 1,13 million d’euros de plus-value grâce à la hausse du titre en Bourse qui a salué les compressions d’effectifs, comme l’a révélé l’Humanité en 2017. A cette époque, la DRH ne s’est pas embarrassée de questions sur les rémunérations indexées sur les destructions d’emplois.

Dans l’emploi ou au pouvoir l’ex-DRH poursuit la même politique, celle qui fut toujours le fil conducteur du groupe Danone et de ses PDG successifs Antoine et Franck Riboud : fermer des fours de verrerie, voire des usines à l’occasion, en liquidant au passage des centaines d’empois pour accroître les fonds à distribuer largement aux actionnaires. Les verriers de Givors en savent quelque chose avec la disparition de la verrerie en janvier 2003. Le groupe Danone ne s’inquiétait pas pour l’emploi dans la ville sinistrée de la casse industrielle, initiée par les gouvernements vingt ans plus tôt. Avec une rentabilité supérieure à 15 %, la verrerie de Givors n’était pas un « canard boiteux », mais les actionnaires en 2001 exigeaient une rentabilité de 20 %! Et tout ça pourquoi ? Pour vendre la branche verrerie d’emballage du groupe au plus offrant. L’acquéreur fut une multinationale américaine O.-I. Manufacturing. La transaction, organisée depuis le paradis fiscal du Luxembourg, fut conclue à plus d’un milliard d’euros. Pour créer d’autres emplois ? Oui, à l’étranger. Car la famille Riboud et les actionnaires du groupe Danone avaient soif de mondialisation… Ils ont laissé à Givors une friche industrielle, dont les contribuables ont payé le nettoyage et le réaménagement avec leurs impôts. Danone a laissé aussi sur place des salariés malades et qui meurent huit ans avant les autres gravement atteints de cancers, pathologies cardiaques et autres risques divers que la Sécurité sociale se refuse à reconnaître. La disparition de plus de 300 emplois avec la verrerie représente le quart des demandeurs d’emplois de la ville. Et ce sont ces gens qui veulent nous faire croire qu’ils sont les défenseurs de l’emploi ? Ils ne défendent ni l’emploi, ni le pouvoir d’achat, ni la santé, ils ne sont sensibles qu’à la rentabilité maximale du travail salarié.

Dans ce débat porté par quatre semaines de lutte des gilets jaunes l’ex-DRH et actionnaire de Danone est le fer de lance de Macron pour défendre l’emploi, contre le SMIC, pour éviter d’aborder la véritable question du pouvoir d’achat des salaires toujours contraints par la politique d’austérité. Et surtout pour défendre les intérêts du patronat. L’ex-DRH et actionnaire n’a toujours pas changé de logiciel. Evidemment, elle défend les intérêts du grand patronat, comme son président. Il lui faut préserver à tout prix les profits des entreprises du CAC 40 – dont Danone fait partie – qui en 2018 ont battu tous les recors de profits avec 94 milliards d’euros. Il faut revoir les 200 millions d’exonération sur les bas salaires qui encouragent les entreprises à payer le plus bas possible leurs salariés. Rétablissons d’urgence l’impôt sur la fortune (ISF) comme le réclament les gilets jaunes. Sans oublier les 60 à 90 milliards d’euros d’évasion fiscale annuelle. Voilà de quoi augmenter le pouvoir d’achat des salariés sans réduire leurs droits à la santé et aux services publics.

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