Avec 26 Smic de salaire on n’a que faire des problèmes des smicards !

On connaît le transfert des hauts cadres du groupe agroalimentaire DANONE du privé au gouvernement pour servir. Deux de ces ex-hauts cadres sont actuellement au gouvernement. Pour servir qui au juste ? Muriel Pénicaud ex-DRH du groupe au ministère du travail attachée à la destruction du code du travail et des droits sociaux. Emmanuelle Wargon ex-directrice générale responsabilité d’entreprise, affaires publiques et communication de Danone est aujourd’hui au gouvernement secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. Les intérêts du groupe Danone sont bien représentés dans les couloirs de Matignon. Tout comme les intérêts des actionnaires du CAC 40.

Les « premiers de cordée » ne s’en plaignent d’ailleurs pas. Pour 2017, les profits annoncés en mars 2018, sont proches des 94 milliards. Ces beaux résultats contrastent avec les soucis de pouvoir d’achat des Français, exprimés par les gilets jaunes. Les entreprises du CAC 40 ont versé à leurs actionnaires des dividendes records en 2018 : plus de 57,4 milliards d’euros ! Les entreprises atteignent un record, dix ans après la crise financière de 2008. Un chiffre en hausse de 12,8 % par rapport à 2017.

Manifestation des verriers contre la fermeture de l’entreprise en 2001

Mais l’actualité aujourd’hui c’est la polémique sur le salaire d’Emmanuelle Wargon lorsqu’elle détenait son poste chez Danone : 470 000 euros par an. Soit 26 fois le salaire d’un smicard à plein temps. Polémique d’autant plus incisive qu’elle vient d’être désignée par Emmanuel Macron pour assurer l’organisation du grand débat national avec son collègue Sébastien Lecornu. Un grand débat où les intervenants des ronds-points comme des entreprises réclament le retour de l’ISF, la hausse du Smic, l’amélioration du pouvoir d’achat, etc. « Des personnes qui vivent avec 500 ou 600 euros par mois et qui subissent les augmentations de la vie, les dépenses concernant l’énergie. Ces personnes subissent aussi les baisses d’allocations, celle des APL, la désindexation d’un certain nombre de prestations sociales », comme a pu le résumer à France-Info le directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité. Ce sont plusieurs millions de Françaises et de Français les plus pauvres qui sont aujourd’hui les perdants de ce débat national, en tout cas en termes de pouvoir d’achat. Y-a du grain à moudre.

Il y a plus encore – la polémique n’est pas terminée, tant les intérêts défendus par le gouvernement sont loin de ceux des petites gens. Sa nomination pour seconder le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, sur les dossiers de l’énergie ou de la chasse a fait aussi polémique. Une partie de l’opposition et certains journaux y voyant l’arrivée d’une « lobbyiste » au ministère, ce dont elle se défend. Cette énarque, diplômée de la même promotion que le Premier ministre Edouard Philippe, a débuté une carrière de haut fonctionnaire avant de rejoindre le privé… puis le gouvernement aujourd’hui.

Une ancienne prise de position de sa part en faveur de l’huile de palme avait fait grincer des dents. Cette habituée du pantouflage entre le privé et le public, pour défendre les intérêts de qui vous savez avait précédemment défendu les intérêts des producteurs d’OGM et d’huile de palme. En juillet dernier, lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, elle expliquait ainsi : « L’huile de palme, on en a besoin pour les laits infantiles, c’est l’un des produits essentiels pour les laits infantiles. Pourtant, c’est un ingrédient qui fait l’objet de plus en plus de méfiance, à la fois pour des raisons environnementales (…) et aussi pour une forme de défiance, d’absence de naturalité, et pourtant l’huile de palme est le meilleur ingrédient pour les laits infantiles et donc on en a besoin et on est tout à fait capable d’expliquer pourquoi ». Lors de cette intervention, elle avait également défendu les OGM : « On n’a pas pris une position dogmatique sur les OGM, parce que cette position dogmatique ce serait un refus de l’innovation et un refus de la science ». Aujourd’hui au ministère de l’écologie, il va falloir assumer le grand écart entre l’huile de palme et la déforestation responsable du réchauffement climatique. Mais en macronie on va s’arranger. Entre soi.

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