Régulièrement, O.I.-Manufacturing faisait appel de ces condamnations devant les juridictions. Nous l’avons même vu se pourvoir en cassation contre une reconnaissance en maladie professionnelle où l’entreprise s’est vue purement et simplement déboutée de son pourvoi.

Cette fois, condamnée pour faute inexcusable après la reconnaissance de deux cancers du poumon chez un ancien verrier, 30 ans électro-mécanicien à Givors, par le Tribunal de Grande instance (TGI) de Marseille, l’entreprise ne s’est pas pourvue en appel. Les décisions favorables au salarié de ces deux procédures sont donc définitives.

A ce jour, les verriers de Givors enregistrent quatorze reconnaissances en maladies professionnelles (dont huit consécutives aux expositions à l’amiante et six liées à des produits chimiques). En outre, ils enregistrent six condamnations de l’entreprise pour « faute inexcusable ».

Les verriers de Givors refusent de baisser la garde, ils continuent d’exiger le respect de la santé au travail et la reconnaissance de leurs propres expositions aux produits toxiques.

C’est un combat qui se poursuit puisque d’autres dossiers sont encore en instance. Notamment devant la Cour d’appel de Lyon pour les soixante verriers qui s’étaient portés devant les Prud’hommes réclamant des attestations d’expositions à l’amiante et autres produits toxiques, ainsi que l’indemnisation des préjudices. Après la récente décision de la Cour de cassation reconnaissant qu’il n’est désormais pas nécessaire d’avoir été salarié d’un établissement classé pour obtenir réparation d’un préjudice d’anxiété, de nouvelles perspectives s’ouvrent pour ces dossiers. Le ministre et les divers jugements de cours administratives contestaient jusqu’alors aux verriers de Givors à bénéficier de ce droit.

Un nouvelle fois démonstration est faite. Celui qui mène le combat peut perdre, mais celui qui ne le mène pas a déjà perdu ! Aussi, les 14 et 15 novembre à Givors le 3e colloque des verriers, organisé en partenariat avec des universitaires lyonnais, viendra pousser plus avant cette lutte pour le respect de la santé au travail. En participant nombreux, les verriers en assureront le succès.

Ces questions posées «  Du travail au lieu de vie. Quelles mobilisations contre les risques professionnels et les atteintes à l’environnement ? » seront au centre du colloque, organisé par l’association des verriers en partenariat avec Sciences-Po Lyon. Pour connaître l’organisation des travaux, http://www.vive-fr.org/s’inscrire pour participer à un atelier, venir témoigner, un site Internet dédié a été créé : https://givors.sciencesconf.org/

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