« Oui, les applaudissements à 20 heures leur font chaud au cœur. Évidemment, une prime sera bienvenue. Mais, dans la durée, la gratification, la considération et la reconnaissance doivent être d’une tout autre ampleur », plaide le Pr Jean-Louis Touraine, professeur émérite de néphrologie et immunologie, député LREM de Lyon et vice-président de la Fédération hospitalière de France dans les colonnes du Quotidien du médecin (05/06/2020). Voilà qui vient conforter la position des syndicats hospitaliers à l’ouverture du « Ségur de la santé ». Mais quand on est député de la majorité, ayant approuvé toutes les réductions budgétaires des hôpitaux depuis de nombreuses années, on ne peut espérer s’en tirer avec une petite chronique dans un quotidien professionnel.

Alors que le gouvernement Macron, ses ministres et experts en tout genre, ont fait preuve de non anticipation, d’incurie et de gestion calamiteuse de la grave crise sanitaire qui percute notre pays et sa population, les personnels soignants, médicaux et non médicaux des hôpitaux, des Ehpad et des soins ambulatoires, ont fait face avec responsabilité, compétences et créativité. Sans protection, sans matériels voire médicaments, elles et ils ont pris les affaires en main, notamment en multipliant les lits de réanimation par deux, alors même que notre système hospitalier, affaibli, déstructuré, manquant de tout depuis de nombreuses années n’était pas le mieux préparé à accueillir des milliers de malades de ce virus inconnu jusqu’alors. Pendant des mois elles et ils n’ont eu de cesse de manifester, réclamer haut et fort des lits, des emplois, une reconnaissance salariale. Face au silence assourdissant du gouvernement, ils et elles n’ont pas cessé leurs actions jusqu’à la démission de 1 200 responsables médicaux de leurs fonctions administratives.

Députés et sénateurs communistes réclament le déblocage immédiat de 10 milliards pour les hôpitaux et les Ehpad. Mais ils vont plus loin et avancent des propositions. Un plan de création de 100 000 emplois et de titularisation de tou·te·s les contractuel·le·s dans les hôpitaux. Un plan de création de 100 000 emplois dès cette année dans les Ehpad pour aller vers un·e salarié·e pour un·e résident·e, soit 300 000 postes à créer en 3 ans. Une augmentation de 65 points d’indice pour la fonction publique, pour un équivalent de 300 € net à l’indice moyen. Au-delà et dans le même temps, il est indispensable de réaliser une refonte des grilles indiciaires pour que celles et ceux qui sont sur « la brèche » voient leur rémunération enfin réévaluée en compensation de leur place indispensable dans la société… Une augmentation de tous les quotas de formation pour cette rentrée 2020 et un recrutement de 12 000 étudiant·e·s en médecine par an, dès cette année. Reconstitution des équipes soignantes, en préservant conditions de travail, de sécurité et de qualité des soins, sur la base d’une collaboration au sein des services et le pouvoir décisionnel des instances représentatives.

* Un moratoire sur toutes les fermetures et restructurations au sein des groupements hospitaliers de territoire (GHT). Réinstallation des lits réquisitionnés pour le Covid-19 à leur finalité d’origine et des personnels afférant. Maintien des unités de réanimation créées et répartition selon les besoins des territoires. Ce moratoire doit permettre une élaboration démocratique de l’évaluation des besoins et des projets médicaux entre organisations syndicales, élu·e·s, et associations citoyennes d’usager·e·s.

* Il faut en finir avec les « plans de retour à l’équilibre financier » (PREF), et avec la dette des hôpitaux. Reprise de la totalité des 30 milliards de dette hospitalière par la CDC et refinancée auprès de la Banque centrale européenne.

* La pénurie de masques, de protections, d’appareils respiratoires, voire de seringues révèlent la situation tendue des hôpitaux, aussi bien pour les achats que les investissements courants. Reconstitution des réserves hospitalières sous l’autorité des équipes soignantes. Par ailleurs, la crise sanitaire a montré l’exigence de reconstituer des filières industrielles pour préserver l’accès en toute autonomie à des biens de santé aussi essentiels que des masques et des appareils respiratoires. Evaluation, avec les professionnel·le·s des différentes disciplines médicales, des besoins de production et de contrôle nécessaires au bon fonctionnement de notre système de santé.

* En lien avec les recherches engagées autour des traitements et du vaccin du Covid-19, il y a urgence à les soustraire à la loi du profit. Conjointement aux ressources publiques nécessaires (et non pas par des dons des entreprises du CAC 40 !) pour relancer la recherche des CHU, la situation sanitaire d’aujourd’hui et de demain rend indispensable la maîtrise publique et collective de la production et de la distribution des traitements et vaccin utiles à l’éradication du virus. Des choix politiques s’imposent pour engager la création d’un pôle public du médicament au service d’une politique de santé publique. Dans l’immédiat, renégociation du prix des médicaments achetés par les pharmacies centrales hospitalières.

mi, accumsan consequat. quis, ultricies Donec dolor. consectetur