Maurice Bonnet, emporté prématurément par les deux cancers qu’il développait depuis 2010. Ouvrier à la verrerie de Givors de 1969 à 2004, il avait travaillé la plus grande partie de ce temps à la fabrication, puis cariste au secteur froid. Son historique des affectations retraçait ses expositions à l’amiante, aux hydrocarbures, aux solvants, aux traitements de surfaces, tous produits toxiques et cancérogènes. Le stress aux machines, la température, les horaires décalés du travail en équipes avaient fragilisé sa santé. A peine à la retraite il la vit se dégrader.

Militant CGT, Maurice Bonnet, participa à tous les combats pour l’amélioration des conditions de travail, puis contre la fermeture de l’entreprise en 2003. Naturellement, lorsqu’en 2009 l’association des anciens verriers engagea le combat pour la reconnaissance des maladies professionnelles, il s’y inscrivit. Lui-même, peu de temps après, il déclarait sa première maladie pour la faire reconnaître par la Sécurité sociale. Puis la seconde, mais il ne connaîtra pas la fin de l’histoire, car la maladie a été la plus forte.

Avec 60 de ses camarades, il engagea l’action devant le Conseil des Prud’hommes de Lyon pour obtenir une attestation d’exposition aux produits toxiques refusée par la direction de VMC-BSN-Danone et la reconnaissance du préjudice d’anxiété. Préjudice que la Cour de Cassation vient justement de reconnaître pour tous les exposés à l’amiante. C’était son cas, reconnu par une attestation délivrée à la fermeture du site. Même ce revirement de jurisprudence, il ne l’aura pas connu. Mais il aura participé à ce combat pour le respect de l’humain au travail.

Obsèques : jeudi 11 avril à 15h30, église de Givors-canal.

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