Ah ! Les promesses, il n’en manque pas lorsqu’il s’agit d’aider à la restructuration des groupes industriels. En 2020, c’est Macron qui est à la manœuvre pour faciliter l’opération médiatique autour de la suppression de 450 emplois par le groupe Renault Truck à Lyon/Vénissieux/Saint-Priest. Le président Lui-même vient valoriser le projet d’une nouvelle usine à Neuville-sur-Saône pour le groupe Sanofi, pendant que le même groupe investit à l’étranger et rend la France dépendante des Etats-Unis et des pays asiatiques pour la fournitures de molécules nécessaires à la fabrication des médicaments. On a vu dans l’actualité que ce projet est encore entouré de beaucoup de conditionnel : Renflouement d’une unité en « échec commercial » du vaccin contre la dengue, pour financer un nouveau procédé mise en œuvre que depuis deux mois « que l’on espère » pour mi-2021 « si tout se passe bien ».

En 2003 à Givors, après 20 mois de lutte des verriers contre la fermeture de leur entreprise c’était aussi la débauche de promesses, comme le détaillait le journal économique Les Echos. Pourtant, la verrerie n’était pas un « échec commercial », sa rentabilité à 15 % était là pour le démontrer. La seule justification résidait dans l’objectif d’accroître encore la rentabilité du groupe pour le céder au meilleur prix… au groupe américain O.I.-Manufacturing. La verrerie de Givors n’était pas la première à subir cette loi du capital, son ancien PDG Antoine Riboud l’avait largement montré dans son ouvrage « Le dernier de la classe », et hélas pas la dernière.

Mais dix-sept ans après, revenons aux promesses et à la réalité du terrain. Les Echos du 11/09/2003 montrait que cette fermeture faisait « grimper le taux de chômage à 20 % », dans la ville c’est hélas toujours vrai en 2020 ! Vrai, parce que les promesses n’ont pas créé un seul emploi. Pourtant, « le groupe a activé ses réseaux pour trouver la solution optimale permettant de revitaliser le site »« l’aménageur et opérateur lyonnais Schonfeld-Cottet-Dumoulin devrait assurer la création à l’horizon de cinq ans, de plus de 500 emplois… cela s’ajoute à la centaine de postes de MG Fil, qui s’est installé sur les jardins… ». Lequel MG Fil a déménagé quelques mois plus tard, après avoir empoché primes et subventions.

La liquidation de 310 emplois, ce n’était pas grave, puisqu’on en promettait 600 ! Aujourd’hui on est plus modeste, Macron en promet 200 contre la suppression de 450. Sept ans plus tard, la réalité du terrain de Givors a oublié les promesses. Un village automobile regroupant sur le site les concessionnaires dispersés dans la ville à l’époque de la verrerie y a rassemblé leurs emplois sans en créer de nouveaux ! Le taux de chômage n’a pas évolué, et les nouvelles promesses des candidats surenchérissant aux élections municipales n’y changeront rien, car ce ne sont pas eux qui créent les emplois.

La communication de l’époque mentait même sur les travaux de déconstruction et de désamiantage : « BSN Glasspack s’étant occupé de la dépollution des sols et des autres autres procédures liées à la cessation d’activités… ». Les deux arrêtés du préfet des 3 décembre 2003 et 6 mars 2006, consécutifs aux analyses de sol réalisées par le Cabinet Conseil Blondel en septembre 2004 soulignaient assez que BSN Glasspack n’avait pas dépollué les sols. Impliquant un arrêté préfectoral « instituant des servitudes d’utilité publique » réglementant l’usage du sol gravement pollué. Même l’arrêté préfectoral du 3 décembre 2003 « article 1er, La société VMC, ci-après dénommé exploitant, devra procéder à la remise en état du site… » ne fut pas respecté par le groupe. Ce furent les contribuable qui assumèrent la note, via l’intervention d’EPORA (Etablissement public foncier de l’Ouest Rhône-Alpes). La requalification de la friche industrielle de la verrerie s’élèva à quatre millions d’euros, comme le note le rapport d’activité de 2010 d’Épora. Même le désamiantage ne fut pas assuré par BSN, puisqu’un marché public fut passé à cette fin par EPORA pour 32 000 m² de toiture et un montant de 429 743,56 euros en août 2004.

Pourtant, lors de l’annonce de création de 600 emplois, rien n’avait manqué ni flonflons, ni lampions : « une promenade le long de la rivière du Gier, qui sera animée par 5 à 6 guinguettes ». Les « contacts avancés » qui promettaient « les premières implantations […] attendues entre juillet et septembre 2004 », n’ont rien créé depuis 17 ans ! Décidément, oui, « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ».

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