Curieusement, le président qui-veut-réduire-le-chômage n’a pas fait de proposition alternative pour sauvegarder l’emploi.

À Gardanne, les salariés de la centrale ne veulent pas « qu’environnement rime avec chômage ». Dans cette commune des Bouches-du-Rhône, la centrale est menacée de fermeture d’ici 2022 (https://www.francetvinfo.fr). L’environnement serait-il l’ennemi de l’emploi ?

Le 15 mars, des milliers de jeunes ont manifesté dans les rues pour demander au gouvernement de réduire les émissions de gaz à effet de serre, d’agir pour le respect de l’environnement. Nulle demande de suppression des emplois ! Quand le pouvoir privilégie le transport routier (le plus polluant) au détriment du rail (le moins polluant), il fait des choix politiques sans s’intéresser ni à la planète, ni à l’emploi. Il ne s’agit pas là de transition énergétique, mais de casse du service public au profit d’intérêts privés.

À Gardanne (Bouches-du-Rhône), les mines de charbon ont fermé au début des années 2000. La centrale thermique est aujourd’hui menacée par la promesse présidentielle de fermer les quatre dernières centrales à charbon françaises d’ici 3 ans. Mais, curieusement, le président qui-veut-réduire-le-chômage n’a pas fait de proposition alternative pour sauvegarder l’emploi dans une ville déjà sinistrée. Depuis cinq mois, les salariés de la centrale de Gardanne tiennent un piquet de grève devant l’entrée de l’usine. Une tente, un brasero et une voiture retournée où l’on peut lire : « on veut un avenir, pas un moratoire » affichent l’inquiétude et la volonté d’agir.

La CGT n’envisage pas d’entamer des discussions sur un plan de départ pour les 90 salariés de l’unité charbon, et ne nie pas non plus la nécessité de préserver l’environnement. « On pousse un peu plus la réflexion. Est-ce qu’environnement rime avec chômage ? Parce que si c’est ça, je pense qu’aucun citoyen ne va partager l’avis du pouvoir, même ceux qui marcheront samedi », explique le représentant syndical.

25 000 tonnes de béton et 15 000 tonnes de ferrailles seront recyclées, 490 tonnes d’amiante ont été évacuées.

Si d’aucuns pensent remplacer la centrale par un musée pour attirer les touristes, il faut qu’ils se gardent d’illusions. A Loire-sur-Rhône existait aussi une centrale thermique que la direction d’EDF a fermée. Mise en service entre 1965 et 1971 cette centrale était composée de quatre unités de 250 MW. En 1988 on a commencé à réduire l’activité, pour finalement cesser toute production le 1er juillet 2005. Le 18 avril 2013, un premier tir abattait deux tranches. Le 24 octobre 2013 l’explosif réduisait en poussière des bâtiments, silos et chaudières des autres tranches. 25 000 tonnes de béton et 15 000 tonnes de ferrailles seront recyclées, 490 tonnes d’amiante ont été évacuées.

Des cent-quarante emplois du début et des quatre-vingt-dix de la fin, il n’en reste aucun sur le site. L’emploi a été réduit en poussière. Pourtant, les ouvriers et leurs syndicats qui avaient bien perçu la nécessité de changer de technologie, abandonner le charbon pour d’autres énergies moins polluantes, avaient élaboré un projet de mutation présenté au Conseil économique et social régional « Nous vous devons plus que la lumière ». Il n’en fut tenu aucun compte dans la mutation énergétique. Aujourd’hui les anciens de la centrale se battent pour la reconnaissance des maladies professionnelles, suite à leur exposition à l’amiante. La procédure est pendante devant la Cour de cassation.

On pourrait en dire autant pour la proche verrerie de Givors qui ferma en 2003. Elle aussi avait beaucoup pollué l’atmosphère en rejetant chaque mois 72 tonnes de soufre par ses cheminées consommant du fuel lourd « moins cher que l’électricité ». La verrerie ne ferma pourtant pas pour des raisons écologiques, ni économiques avec ces 15,6 % de rentabilité. Mais parce que BSN-DANONE avait vendu l’outil à son concurrent, pour dégager plus d’un milliard d’euros et investir ailleurs dans le monde… Là aussi laissant tomber trois à quatre cents emplois. Qui n’ont pas été reconstitués. La ville accuse 18 % de chômeurs, soit 8 % de plus que le taux régional, frappant particulièrement la jeunesse. L’ennemi de l’emploi, n’est pas l’environnement, mais la recherche du profit maximal.

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