Le jeudi 14 novembre, à 16 heures, lors du 3e colloque des verriers, Isabelle Vacarie, professeur émérite à l’université Paris-Ouest, et Jérôme Vivenza, membre du collectif confédéral Travail-santé de la CGT croiseront leurs regards sur « Les enjeux de santé au travail et environnementale ».

Il sera très intéressant pour les participants d’approcher la problématique des risques au travail et dans l’environnement à travers le droit du travail et les textes récents liés à la préservation de l’environnement. Nouveautés encore mal connues. Inconnue encore leur efficacité, car, n’en doutons pas, les contournements demeureront encore longtemps comme le montrent les violations constantes du droit du travail en la matière, mais aussi l’actualité (scandale de l’amiante, le plomb et Notre-Dame de Paris, l’arsenic à Salsigne, les hydrocarbures à Rouen, etc.) Mettant en évidence tout un système plus apte à contourner le droit que de le faire appliquer.

Cette situation ne concerne pas que l’environnement. Avant l’Environnement, avec un grand E, il y a les salariés exposés quotidiennement, avant plus largement la population, les petits oiseaux et poissons… Parmi les parties prenantes, les institutions publiques devraient être les premières en obligation de faire respecter les textes édictés. Pour les syndicats, les associations, quels moyens ? quelles entraves ? Les modifications réductrices du Code du travail, la disparition des CHSCT montrent assez que la volonté politique ne va pas dans le sens de l’amélioration des droits.

Les moyens d’action existent, mais quelles difficultés pour les mettre en œuvre ! On se heurte justement à une volonté sans cesse réaffirmée de bloquer l’accès aux recours. Pas seulement de la part des fraudeurs et pollueurs (qui ne sont pas les payeurs) mais aussi de l’appareil d’État. Se retrouver en Cassation pour se voir contester une reconnaissance en maladie professionnelle est assez éclairant. Voir le rapporteur public reprendre devant la Cour administrative d’appel la thèse de la direction pour contester la présence d’amiante à la verrerie de Givors est aussi illustratif. On pourrait citer bien d’autres situations semblables, mais l’ensemble du colloque est aussi là pour les aborder. Dans les moyens d’action dont on voit déjà les limites imposées par le droit.

Cette carte des particules dans l’atmosphère dans la Région Rhône-Alpes, établie par l’Observatoire régional de santé, montre assez que cette pollution recouvre justement les zones industrielles.

Quant aux plans de sécurité et de vigilance connus c’est aussi un moyen de faire divergence avec les véritables questions de fond. Le plan de risques technologiques majeurs existait sans doute à Rouen, on en voit bien les failles. A Lyon, quand un incident chimique se produit, se sont les industriels responsables qui donnent l’analyse des teneurs toxiques !

Les éclairages qu’apportera cette conférence seront importants, avec les propositions à avancer pour rendre effective la capacité d’intervention des salariés sur leur lieu de travail et des populations dans leur lieu de vie sur ces questions de risques sanitaires au travail et dans son environnement. Déjà à Rouen, comme pour Notre-Dame des propositions de syndicats et associations ont émergé et ont dû être finalement prises en compte avec beaucoup de mauvaise volonté par les institutions publiques. Car, outre les cachets d’iode et le confinement, les plans sont bien pauvres sur les capacités d’actions préventives possibles des victimes potentielles. Quant aux actions judiciaires en cessation de manquement, il ne manque pas d’exemples d’entraves pour ce faire, le scandale de l’amiante en demeure l’illustration la plus ancienne, toujours actuelle, la mieux connue.

La question n’est pas de s’opposer à l’industrie et à son développement – ce qui serait un non-sens économique et social -, mais celle du contrôle du fonctionnement et de la mise en œuvre des process de production par les travailleurs eux-mêmes. Pour la santé des populations, comme des producteurs, on ne peut laisser cette gestion dans les brumes du « secret des affaires ».

L’expérience le montre, les actions des salariés et des populations demeurent bien la meilleure capacité de résistance pour préserver les enjeux sociaux et environnementaux facilement oubliés dans la gestion des entreprises. Les travaux du colloque l’illustreront largement. Pour connaître l’organisation de ces travaux, http://www.vive-fr.org/; s’inscrire pour participer à un atelier, venir témoigner, un site Internet dédié a été créé : https://givors.sciencesconf.org/.

lectus leo Lorem ipsum dolor. eget