Une ou plusieurs bombes dans le sol de la verrerie ?

Après les précédents articles reprenant l’historique de la fermeture de la verrerie de Givors, depuis les grandes manœuvres (H.1), le camouflet de la casse (H.2), l’effet d’annonce et l’effet d’aubaine (H.3), puis la vallée sinistrée (H.4), nous poursuivons sur les traces de cette entreprise sur l’environnement. Laurent Gonon.

Des traces, il n’en manque pas dans l’environnement de la verrerie. « Un premier diagnostic initial de pollution sur les sols effectué en 1998 avait révélé la présence de sources potentielles de pollution en : hydrocarbures totaux (HCT) et hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), métaux lourds et plus particulièrement en arsenic. Le diagnostic initial complet remis en décembre 2002 a permis de fractionner le site en 5 zones en fonction des polluants détectés (HAP, BETX, Arsenic et HCT). L’évaluation simplifiée des risques range le site en classe 1 – site prioritaire pour des investigations approfondies – au titre de la méthodologie nationale des sites et sols (potentiellement) pollués. Un arrêté préfectoral en date du 3 décembre 2003 a confirmé et renforcé la surveillance des eaux souterraines et imposé la mise en place de servitudes d’utilité publique destinés à maintenir des usages du sol compatibles avec les niveaux de risque évalués en fonction de la pollution résiduelle des sols. » (http://www.ecologie.gouv.fr/-Sites-et-sol-pollues-.html)

Selon l’arrêté du préfet de 2003 : « limitation ou interdiction du droit d’implanter des construction et des ouvrages […] modification de l’état du sol et du sous-sol… » etc. Avec l’arrêté de 2006, les prescriptions sont plus sévères : « Le site est réservé aux activités économiques à dominante industrielle, commerciale ou artisanale ; en particulier, interdiction d’aménagements et d’activités sensibles type jardins d’agrément, d’enfants, potagers, terrains de sport, aires de stationnement pour gens du voyage, crèches, écoles, établissements sanitaires et constructions à usage résidentiel y compris les résidences hôtelières ».

Au cours des travaux de remise en état du site industriel, le 20 février 2007, une pelleteuse met à jour une bombe américaine de 250 kg datant de la seconde guerre mondiale. Elle sera désamorcée sur place.

En mars 2009, la préfecture demande à Givors Développement que soit assuré le rejet, directement dans le Gier, des eaux pluviales collectées sur la ZAC. Cette demande est en contradiction avec le règlement du PLU existant (art. Uiv4) qui rend obligatoire le raccordement des eaux pluviales de la ZAC de VMC au réseau collectif, le Grand Lyon a apporté en 2011 lors de sa modification n°2 du PLU une modification permettant le rejet des eaux pluviales de la ZAC dans le Gier, et établir le dossier Loi sur l’Eau. L’arrêté d’autorisation a été notifié le 1er décembre 2011, permettant l’engagement des travaux modificatifs du réseau d’eaux pluviales de la ZAC de VMC. Les travaux, ont été menés d’août à octobre 2012, des terres ont été excavées et, « contrairement à ce qu’on attendait sur cette zone de la ZAC, ces terres se sont avérées polluées, notamment à l’arsenic ». Ces terres ont dû être évacuées pour traitement à Ternay dans une Installation de Stockage des Déchets Dangereux (ISDD) (Givors développement, CR annuel 2012).

A noter que les eaux du Gier se jettent dans le Rhône, en face de la station de pompage des eaux de consommation courante de l’agglomération. Ces divers épisodes de réaménagement du site révèlent la multitude de bombes qui s’y nichent. Elles ne datent pas toutes de la dernière guerre. Certaines, non révélées par la fouille du sol se révéleront plus meurtrières.