Condamnation définitive des entreprises Valdi et Feurs-Métal.

Les entreprises Valdi et Feurs-Métal, après leur condamnation en Cour d’appel, n’ont pas déposé de recours devant la Cour de cassation. Elles sont définitivement déclarées coupables d’homicide involontaire après la mort de deux ouvriers.

En juin 2011, deux hommes de 55 et 29 ans, Jacques et Damien, étaient victimes d’un accident mortel du travail à la fonderie de Feurs dans la Loire, les entreprises Valdi et Feurs-Métal étaient en cause. Il s’agissait d’entreprises multirécidivistes en matière d’accidents du travail car depuis 15 ans à la fonderie plus de 200 accidents étaient dénombrés : 4 morts, 10 blessés très grave, une centaine de salariés « inaptes à tout poste de travail ». Valdi et Feurs-Métal, (devenue CAST METAL depuis l’accident de Jacques et Damien), est véritablement une usine qui tue. http://www.verriers-givors.com/?s=feurs

Après sept années de combat du collectif de soutien aux familles de Jacques Tissot et Damien Jamot, toutes les procédures judiciaires consécutives à l’explosion qui coûta la vie à deux ouvriers s’achèvent. La justice a désigné les responsables. Au civil, la « faute inexcusable » de l’entreprise Feurs-Métal (devenue Cast-Métal), l’employeur. Au pénal la condamnation pour homicide involontaire de Valdi et Feurs-Métal. Valdi ayant retiré son pourvoi en cassation, la décision de la Cour d’appel de Lyon devenait définitif.

Avant de se dissoudre, le collectif de soutien aux familles a pu tirer les conclusions de son action persévérante : « On voulait une condamnation pour homicide involontaire, c’est fait. Ce qui est scandaleux, c’est qu’il ait fallu sept ans pour l’obtenir. Jacques et Damien connaissaient parfaitement les risques eau-métal en fusion. Ce qui a motivé leur initiative, c’est l’urgence de mettre fin à une fuite d’eau. Leur comportement a quelque chose d’héroïque… » (Le Progrès, 11/05/2018).

Sept années de lutte collective pour qu’enfin soit reconnu un double homicide dans une entreprise qui n’en était pas à son premier accident mortel. Ce combat démontre une fois de plus que la lutte pour imposer plus de sécurité dans les entreprises ne peut être que collective et opiniâtre. Le capital ne lâchant pas aussi facilement la proie, même au prix de la vie. On peut aussi légitimement s’interroger sur les responsabilités et les pouvoirs des inspections et directions régionales du travail (Direccte) pour imposer le respect de la vie sur les lieux de production, quand on observe plus de 200 accidents – dont 4 mortels ! – en quinze dans cette entreprise. Mais après ces condamnations cette administration ressort blanche comme neige.