Pour l’Europe, entre 270 et 610 milliards d’euros par an.

Selon l’Institut syndical européen (ETUI) qui a présenté les résultats d’une étude sur les coûts des cancers liés au travail dans l’Union européenne lors de la conférence qu’il a organisée, la facture est très lourde : entre 270 et 610 milliards d’euros chaque année, soit jusqu’à 4,1 % du PIB de l’UE. L’écart entre l’estimation haute et l’estimation basse s’explique par le fait que les coûts ont été calculés en fonction de diverses projections sur le pourcentage de cas de cancers attribuables au travail.

La totalité des coûts pris en compte : coûts directs, pour les systèmes de santé des États membres (liés aux traitements médicaux) ; coûts indirects, pour les travailleurs et les employeurs (liés aux pertes financières dues à l’arrêt de l’activité professionnelle) ; coûts humains, pour les victimes (impact sur la qualité de vie des travailleurs et de leur famille). « Avec plus de 100 000 morts par an, les cancers professionnels sont la première cause de mortalité au travail dans l’Union Européenne (UE). L’UE se doit d’agir pour mettre fin à ces cancers évitables », a commenté Tony Musu, expert en risques chimiques à l’ETUI.

L’étude a été commandée par l’ETUI aux cabinets de consultants Risk & Policy Analysts et FoBIG, spécialisés en évaluation des risques chimiques, qui ont pris en compte l’exposition des travailleurs à 25 agents ou situations de travail cancérogènes (amiante, benzène, silice, travail de nuit ou posté, émissions des moteurs diesel…).

http://eurogip.fr/fr/eurogip-infos-actu?id=4782

Ces coûts sont sans doute largement sous-estimés quand on sait la difficile reconnaissance de l’origine professionnelle des pathologies qui frappent les travailleurs français. Dans notre pays, on enregistre 355 000 nouveaux cas de cancer chaque année, pendant que ne sont reconnus d’origine professionnelle qu’un demi pour cent de ceux-ci !