Une rencontre qui porte le dossier des verriers à un autre niveau de reconnaissance de la justesse de ce combat humain.

Unanimement, lors de sa session en octobre dernier, le Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes avait adopté un vœu de soutien au combat des verriers pour la reconnaissance des maladies professionnelles. Vœu adressé à la ministre du travail, pour lui demander « d’inscrire le site verrier de Givors sur la liste des sites industriels amiantés », et à la ministre de la santé pour lui demander « d’assurer un suivi médical renforcé des verriers et anciens verriers de Givors » exposés des dizaines d’années durant à des produits toxiques et cancérogènes.

Une délégation de l’association des verriers de Givors a été reçue jeudi par Etienne Blanc, vice-président, et les responsables des groupes politiques. Elle était accompagnée de Christiane Charnay, maire de Givors et de Isabelle Gautelier adjointe au maire de Grigny chargée de la santé. Après un exposé de Laurent Gonon, coordonnateur des actions maladies professionnelles à l’association, les représentants des groupes ont interrogé le président sur la suite donnée par les ministres au vœu adressé par l’Assemblée. A ce jour aucune réponse n’était enregistrée.

Puis la discussion s’est engagée sur les actions menées par les verriers et les participants se sont interrogés sur les possibilités de soutien à ces actions. Patrice Verchère, député, s’est proposé d’intervenir en séance publique de l’Assemblée nationale lors d’une prochaine séance de questions orales. Plusieurs autres conseillers se proposant d’intervenir dans leur secteur pour faciliter la tenue du 3e colloque des verriers, organisé en partenariat avec Sciences-Po Lyon et des chercheurs de plusieurs universités, avec l’appui de nombres organisations syndicales et association de défense des victimes de pollutions industrielles. Ce colloque devant se tenir sur deux jours, les 14 et 15 novembre prochain à Givors, avec pour thème « Contamination(s). De l’emploi au domicile, risques sanitaires et environnementaux. Quelles interventions citoyennes ? ». Le vice-président confirmant le soutien de la région à cette initiative.

Le coordonnateur de l’association devait rappeler à cette occasion combien le dossier des verriers est emblématique des risques professionnels et environnementaux connus dans nombre d’entreprises, et villes ouvrières particulièrement. Rappelant entre autres quelques dossiers d’actualité à Renault-Truck Vénissieux ou Annonay, le technicentre SNCF d’Oullins, de Rhodia Roussillon sur l’amiante ou Rhodia Solvay à Saint-Fons sur le cancer du rein dans un atelier de fabrication de l’hydroquinone ayant fait l’objet d’une décision du Tribunal de grande instance de Lyon. Mais aussi dans les villes ouvrières de Givors, Vénissieux, Saint-Fons, Vaulx-en-Velin, etc. dans lesquelles le taux de patients hospitalisés pour maladies de l’appareil respiratoire ou pour cancers du poumon est supérieur aux autres communes, selon les diagnostics locaux de santé réalisés par l’Observatoire régional de santé (ORS). Et ce n’est pas ici dû seulement aux fumées de cigarettes – souvent évoquée par le corps médical pour l’expliquer –, mais aussi et surtout à l’amiante, aux hydrocarbures et leurs dérivés, et autres produits toxiques et cancérogènes utilisés en industrie sans protection élémentaire. Comme le soulignent depuis dix ans les verriers de Givors.

Cette rencontre avec les élus régionaux, sur décision de l’assemblée plénière, porte le dossier des verriers pour la reconnaissance de l’origine professionnelle des maladies qu’ils développent, à un autre niveau de reconnaissance de la justesse de ce combat humain.

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