Après la saignée de l’emploi, conséquence de la désindustrialisation du bassin givordin, le premier indicateur de dévalorisation du territoire apparaît dans la mesure de l’emploi. Le Contrat local de santé qui vient d’être signé pour la ville fait apparaître un taux de chômage de 19,7 %, alors qu’il est de 14,2 % sur la Métropole, de 12,1 % en Auvergne-Rhône-Alpes et 8,8 % pour la France métropolitaine. Plus de deux fois supérieur à celui de la France. Mais ce chiffre n’indique pas complètement la mesure de la dévalorisation du territoire Givordin. Le taux de chômage à 3,4 % en 1968 est passé à 13,9 % en 1982, puis à 18,0 % en 1996 soulignant bien les conséquences immédiates de la désindustrialisation.

Le Diagnostic local de santé pour la ville publié en 2016 est plus éclairant encore sur l’emploi. La ville compte trois quartiers en « politique de la ville », c’est à dire quartiers en grande précarité représentant 41,4 % de la population. Dans ces quartiers, le taux de chômage peut aller jusqu’à 30 % pour le Haut des Vernes, à 26,3 % pour le Bas des Vernes et 20 % pour Les Plaines.

Le niveau de formation est aussi révélateur de cette dévalorisation du territoire. 40,9 % population de plus de 15 ans est sans diplôme, alors que ce taux est de 28,9 % dans la Région, expliquant pour une part sa précarisation dans l’emploi. Là encore, les quartiers en politique de la ville sont fortement marqués : 42,8 % Vernes-Haut, 41,7 % Vernes-Bas, 35,9 % aux Plaines, 37,9 % à Canal.

En 2011, 12,7% des habitants de 15 ans et plus avaient un diplôme de niveau BAC+2 et plus contre 27,8% en Rhône-Alpes. En lien avec ce niveau de formation, les proportions d’ouvriers et d’employés sont plus élevées sur la commune de Givors qu’en Rhône-Alpes, alors que les parts des cadres, professions intellectuelles supérieures et intermédiaires sont moins élevées.

Le rapport de Jean-Louis Borloo commandé puis enterré par le président en mai 2018 montre assez les inégalités entre les quartiers en « politique de la ville » et les autres. On compte dans les premiers deux fois plus de ménages sans voiture que dans les autres, ce qui les assigne à résidence. Comme il y deux fois plus d’enfants de 6e qui ne prennent pas de petit déjeuner. Comme le revenu fiscal y est de 11 431 euros, contre 23 440 chez les seconds. Ou encore l’on y compte 42,6 % de revenus inférieurs à 1 006 euros et 14,5 % chez les seconds.

Manifestation unitaire, le 1er mai 2001 pour la sauvegarde et la modernisation de la verrerie de Givors.

La persistance d’inégalités fortes apparaît bien dans la politique mise en œuvre à l’égard de la population française vis-à-vis des élèves notamment. A Paris, cinquante médecins officient à temps plein pour 142 000 élèves du premier degré, soit un médecin pour 3 200 élèves. Dans les autres régions de France, la moyenne est d’un médecin pour 5 000 à 6 000 élèves. Pour les régions les plus défavorisées, c’est un médecin pour 15 000 élèves (https://www.allodocteurs.fr/).

Treize ans, c’est l’écart d’espérance de vie qui séparent les 5 % les plus pauvres (470 euros mensuels) des 5 % les plus riches (5 800 euros mensuels). Les hommes riches ont une espérance de vie de 84,4 ans contre 71,7 ans pour les plus pauvres, selon l’Observatoire des inégalités, rapport 06/2019.

« L’argument visant à accuser les victimes d’être responsables de leur sort est un grand classique de la rhétorique réactionnaire », selon l’historien Gérard Noiriel. Les Givordins ne se sont jamais laissé faire pour la sauvegarde de leurs emplois. Ceux de la Famer ont occupé l’entreprise pendant 20 mois et les verriers ont agit 21 mois et obtenu le reclassement de tout le personnel. Mais les emplois ont disparu… Des entreprises performantes ont disparu pour favoriser d’autres desseins économiques. Les choix politiques leur ont été imposés, y compris par des gouvernements et assemblées dites de gauche. L’industrie manufacturière française à perdu 530 000 emplois de 2006 à 2015. Pour les emplois industriels, la France est désormais au 11e rang sur 14 pays européens , avec 13,6 %. Loin derrière la République tchèque 30,6 %, la Slovénie 27,3 %, la Hongrie 24 %, la Pologne 23,8 %, l’Allemagne 20,7 %, l’Italie 20 %, l’Autriche 17,3 %, la Finlande 14,8%, l’Espagne 13,8 %, selon Eurostat. L’état de santé de la population fait aussi partie de ce même combat pour la vie. A SUIVRE…

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