Les années 1950 qui préludent à la désindustrialisation de la France et singulièrement de l’agglomération givordine se situe dans celle de la « guerre froide » succédant à la tuerie de masse et au génocides de la seconde guerre mondiale. L’objectif d’éteindre l’incendie né de la Révolution d’Octobre 1917 en Russie demeure, comme à l’époque de Munich. Le capitalisme mondial n’admet pas qu’un autre monde qui pourrait mettre fin à la surexploitation des hommes et de la nature puisse servir d’exemple aux peuples du monde entier.

Les accords de Munich furent signés entre l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie représentés respectivement par Adolf Hitler, Édouard Daladier, Neville Chamberlain et Benito Mussolini (ce dernier s’était commis en intermédiaire) à l’issue de la conférence de Munich du 29 au 30 septembre 1938. Le président tchécoslovaque, Edvard Beneš, et le secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique, Joseph Staline, ne furent pas invités. Ces accords avaient pour but de régler la crise des Sudètes mais indirectement scellèrent la mort de la Tchécoslovaquie en tant qu’État indépendant. Ils permettent à Hitler d’annexer les régions tchécoslovaques peuplées majoritairement d’Allemands. Les accords sont considérés comme ayant mis un terme à la Première République tchécoslovaque (https://fr.wikipedia.org/). Ces accords ouvrirent la voie à la démesure nazie.

La politique mise en œuvre dès 1945 visait au redressement le plus rapide possible de l’Allemagne et d’en faire le poste le plus avancé de la lutte contre le socialisme. La Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) fondée par le traité de Paris de 1951, rassemblant six nations, unifiant l’Europe de l’Ouest ne créait pas seulement les bases de l’actuelle Union européenne, mais fournissait à l’Allemagne la puissance industrielle nécessaire à la mission qui lui était dévolue. C’est finalement contre les autres peuples européens que cette puissance se retourna en les vidant de leur substance industrielle. La France voit la part de l’industrie dans son produit intérieur brut (PIB) passer de 27 % en 1949 à 10 % aujourd’hui. De 2000 à 2016, sa production industrielle recule de 3 %, pendant que l’Allemagne voit la sienne progresser de 25 %. Comment s’étonner que les peuples se détournent de cette Europe-là.

Givors durement touchée par les bombardements.

Dès février 1953, l’Allemagne a bénéficié de l’abandon de la plus grande partie de sa dette contractée avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, liée aux dommages causés par la guerre de 14-18. Les grosses entreprises industrielles allemandes comme AEG, Siemens, IG Farben (AGFA, BASF, Bayer et Hoechst), Krupp, Volkswagen, BMW, Opel, Mercedes Benz et également des sociétés financières de tout premier plan comme Deutsche Bank, Commerzbank, la société d’assurance Allianz ont été protégées et renforcées bien qu’elles aient joué un rôle de premier plan dans le soutien au régime nazi et qu’elles aient été les complices du génocide des peuples juif et tzigane. Le pouvoir du grand capital allemand est sorti intact de la seconde guerre mondiale grâce au soutien des gouvernements des grandes puissances occidentales. Grâce à ces conditions exceptionnelles, l’Allemagne occidentale se redresse économiquement très rapidement et finit par absorber l’Allemagne de l’Est au début des années 1990. Elle est aujourd’hui de loin l’économie la plus forte d’Europe (https://blogs.mediapart.fr/). Les milliards de cette dette ne prennent pas en compte les dettes liées à la politique d’agression et de destruction menée par l’Allemagne nazie durant la deuxième guerre mondiale, ni les réparations que les pays victimes de cette agression sont en droit de réclamer. Ces dettes de cette guerre-ci ont été mises de côté, ce qui a constitué un énorme cadeau supplémentaire pour l’Allemagne de l’Ouest.

La bourgeoise française a joué pleinement son rôle dans cette partition. Avant, comme après la guerre, on la retrouve encore dans les années 1960 et 1970 avec Valéry Giscard d’Estaing, secrétaire d’État puis ministre des finances de façon presque ininterrompue de 1959 à 1974 puis président de la République de 1974 à 1981. Giscard fut ensuite président en 2001-2004 de la Convention sur l’avenir de l’Europe, qui déboucha sur le projet de TCE (Traité constitutionnel européen), texte qui sacralisait de facto la libre circulation des capitaux et la règle de l’unanimité en matière fiscale. Le TCE fut rejeté par référendum en France en 2005, avant d’être finalement adopté par la voie parlementaire après de menus changements dans le cadre du traité de Lisbonne de 2007 qui vise à la domination du capital. A SUIVRE…

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