Le système de santé français créé à la Libération par la volonté du CNR et du ministre communiste Ambroise Croizat était devenu l’un des meilleur du monde. Mais aujourd’hui, avec l’épidémie du Covid-19 chacun mesure à quoi l’ont réduit des décennies d’austérité. Il manque de masques, de blouses, de charlottes, de réactifs, d’écouvillons, d’oxygène, de lits de réanimation, de personnel, etc. Les taux d’équipements en soins intensifs varient du simple au triple entre l’Allemagne et le Royaume-Uni. La France est au même niveau que l’Italie. Ramené à la population outre Rhin, cela représente 6 lits pour 1 000 habitants, l’un des taux les plus élevés des pays de l’OCDE, après le Japon et la Corée. Un taux d’équipement 2 fois plus élevé que celui de l’Italie et du nôtre. Selon l’OCDE, la France est au 12e rang en pourcentage du PIB pour les dépenses de santé ; au 15e rang pour le nombre de médecins pour 1 000 habitants ; au 29e rang pour le nombre de médecins diplômés et au 17e rang pour le nombre d’infirmières diplômées pour 100 000 habitants ; au 23e rang pour l’équipement en scanner et au 18e rang pour l’équipement en IRM. Toute une politique à revoir pour retrouver le meilleur système de santé. Mais, parallèlement, deux entreprises stratégiques sont en liquidation par les profiteurs de crise sanitaire, à la recherche de meilleures rentabilités.

A Gerzat dans le Puy-de-Dôme, les travailleurs se battent depuis 2018 pour sauver leur usine. En mai 2019 la direction de LUXFER a acté la fermeture mettant à la porte 136 salariés et 27 intérimaires. L’entreprise produisait des appareils respiratoires isolants (ARI) pour les pompiers lors de leurs interventions, des réservoirs hautes pressions, mais surtout des bouteilles d’oxygène médical. Depuis la fin de la production, plus aucune usine en Europe ne fabrique ce type de produit essentiel, notamment, pour faire face à l’épidémie du Coronavirus. « En France, explique Axel Peronczyk, ancien ouvrier de l’usine et délégué syndical CGT, les hôpitaux ont un système de raccordement sur des grandes cuves : nos bouteilles sont utilisées quand il y a un surplus de malades et que ce raccordement n’est plus possible, quand on les déplace, et dans le cadre d’oxygénothérapie » (www.revolutionpermanente.fr/, 25/03/2020). En janvier dernier, 8 mois après les premiers licenciements et alors que les derniers licenciements étaient en cours, la direction de LUXFER a tenté, sans prévenir ni les autorités publiques ni les travailleurs, d’amorcer la destruction de l’usine. Son projet était de raser 95 % de l’usine et de transférer les 5 % restants dans d’autres sites. Car son projet visait purement et simplement de délocaliser la production à l’étranger.

La société FAMAR LYON basée à Saint-Genis-Laval (Métropole de Lyon), sous-traitante de l’industrie pharmaceutique (SANOFI) employant un peu plus de 250 salariés, risque une fermeture si aucune solution de reprise n’est présentée au Tribunal de Commerce. FAMAR LYON est en redressement judiciaire depuis le 24 juin 2019 et les différents appels d’offres réalisés depuis l’ouverture de cette procédure collective sont restés sans suite. L’usine fabrique un éventail de produits sous différentes formes galéniques (formes sèches, pâteuses et liquides) concernant des classes thérapeutiques multiples (antidiabétique, neuroleptique, cardiovasculaire, antibiotique, antiparasitaire, antipaludéen, dermatologique et antifongique). Parmi ce portefeuille, le site compte 12 médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM) dont la Nivaquine (Chloroquine). FAMAR LYON est l’unique usine enregistrée pour délivrer le marché Français en Nivaquine (Chloroquine). Les premiers essais thérapeutiques utilisant cette molécule contre le Covid-19 font apparaître des résultats encourageant et on laisserait liquider cette entreprise ? (sgl.secce@famar-group.com). Le seul fabricant de chloroquine est un laboratoire indien qui arrête aussi sa production, précise SANOFI client de FARMA. Pourtant, ce médicament semble efficace pour d’autres pathologies que le paludisme, comme le montrent les essais prometteurs contre le Covid-19. Mais peut-être que des boites de médicaments à 2 euros n’intéressent plus les financiers ?

« Nous sommes en guerre », a répété le président Macron. Dans une économie de guerre, on réorganise les moyens de production, on réquisitionne ! Où est l’efficacité ?

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