Les verriers n’auraient plus le droit de poursuivre leur communication sur les expositions entraînant les cancers.

Après avoir reçu un refus net et catégorique du Sénat, les députés tentent de passer en force en imposant la loi sur les « fausses informations », rebaptisée loi « contre la manipulation de l’information ». Les experts sont à la manœuvre.

L’objectif de cette loi est d’instaurer un contrôle d’Etat sur toutes les informations transmises aux Français, imposer la presse conventionnelle comme seul fournisseur d’informations dites « vraies » et contrôler le droit de parole des citoyens et des lanceurs d’alerte. Le site Internet des verriers, comme toute l’expression sociale, syndicale et politique seraient dans le collimateur des censeurs modernes.

Cette loi prévoit la mise en place d’un contrôle drastique des plateformes d’expression citoyenne pour les empêcher de divulguer des informations gênantes pour les pouvoirs publics, en instaurant un « devoir de coopération » qui les oblige notamment à promouvoir en priorité les contenus transmis par les grandes agences de presse et à dénoncer les utilisateurs qui divulgueraient une autre information, et à fournir chaque année au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) un compte-rendu de cette activité.

Si cette loi devait passer, il deviendra presque impossible de dénoncer des scandales comme celui des frais parlementaires faussement réformés ou des privilèges indécents des fonctionnaires de Bercy ou de l’Assemblée nationale. Mais aussi de dénoncer la complicité du pouvoir avec le patronat pour faire le silence sur les risques professionnels et empêcher la reconnaissance de l’origine professionnelle des pathologies liées au travail.

Par exemple, les verriers n’auraient plus le droit de poursuivre leur communication sur les expositions à l’amiante, à la silice, à l’arsenic, aux hydrocarbures et leurs dérivés, aux cancérogènes mutagènes et toxiques à la reproduction, entraînant les cancers du poumon, de la vessie, de l’intestin, des voies aérodigestives supérieures, du cerveau, du foie, etc. Et surtout ciblant les responsabilités. Ainsi, les industriels déjà nantis d’un pouvoir de tuer impunément (amiante) pourraient poursuivre leurs œuvres de mort dans le silence environnant.

C’est une censure à grande échelle que les Sénateurs ont rejetée en bloc, en juillet dernier. C’est une décision extrêmement rare dans la procédure parlementaire française, et qui signifie un danger énorme pour nos libertés fondamentales. Mais malgré cette fin de non recevoir du Sénat, les députés reviennent aujourd’hui à la charge. Ils ont une nouvelle fois décidé d’adopter ce projet de loi liberticide, et attendent maintenant des Sénateurs qu’ils fassent de même. Le projet est désormais sur les bureaux du Sénat. Les Français doivent faire bloc pour pousser les Sénateurs à tenir bon et empêcher le passage en force de cette loi liberticide et désastreuse pour l’avenir de notre démocratie !

Rejoignez la mobilisation en ajoutant votre voix aux 25 000 signataires de la pétition « NON A L’INFORMATION D’ÉTAT, OUI A LA LIBERTÉ D’EXPRESSION ! » :

https://www.citizaction.fr/petition/non-a-linformation-detat-oui-a-la-liberte-dexpression/