L’additif E171 est utilisé pour blanchir ou intensifier la brillance de nombreuses denrées alimentaires. C’est sous ce code que le dioxyde de titane apparaît ou plutôt se cache sur les étiquettes. Il y figure parfois aussi sous son symbole chimique: TiO2. Cet additif est très prisé des pâtissiers, confiseurs, mais pas seulement. Le dioxyde de titane (TiO2), qui existe sous forme micrométrique et nanométrique, entre dans la composition d’une grande variété de produits tels que des peintures, des cosmétiques, des crèmes solaires mais aussi des médicaments, dentifrices, confiseries et plus généralement comme colorant alimentaire. L’industrie agroalimentaire l’utilise comme colorant pour blanchir ou intensifier la brillance de leurs produits : bonbons, biscuits, gâteaux, yaourts, plats préparés. Le dioxyde de titane serait présent dans deux tiers des dentifrices.

Le problème est que cet additif contient en général des nanoparticules. Celles-ci, du fait de leur taille infime, sont capables de franchir les barrières biologiques comme l’intestin et une partie s’accumule dans des organes tels le foie. Une étude scientifique menée chez le rat montre un impact délétère sur le système immunitaire, et un effet cancérogène au niveau du côlon. Entraînant 18 000 décès en France chaque année, le cancer colorectal peut pourtant être guéri dans 9 cas sur 10, s’il est détecté à temps. Depuis juin 2016, Agir pour l’Environnement mène l’enquête dans les rayons des magasins et a identifié plus de 300 produits alimentaires susceptibles de contenir des nanoparticules via les additifs E171 (dioxyde de titane), E172 (oxyde de fer) et E551 (dioxyde de silicium). www.agirpourlenvironnement.org.

À partir du 1er janvier 2020 en France, les bonbons, chewing-gums, chocolats, bûches de Noël ou encore crèmes glacées ne peuvent plus contenir de dioxyde de titane. Ce colorant est désormais banni de tous les produits alimentaires. Malgré les incertitudes exprimées par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) notant une impossibilité « de lever les incertitudes sur l’innocuité de l’additif E171 » ni de « confirmer ou d’infirmer » son potentiel cancérogène. Elle estime néanmoins nécessaire de réaliser de nouvelles études et de favoriser les produits de remplacement « sûrs et équivalents » au dioxyde de titane afin de limiter l’exposition des travailleurs, des consommateurs et de l’environnement.

Extrait du procès-verbal de réunion du Comité d’hygiène et sécurité (CHSCT) à la verrerie de Givors, le 17 mars 1998.

Il convient en effet de s’interroger sur les risques pour la santé des producteurs. Pour la fabrication des produits livrés au consommateur, mais aussi du contenant des produits, l’industrie emploie l’oxyde de titane dans la fabrication des pots de confiture, de yaourts, etc. « Les yaourts nécessitent un traitement intérieur pour éviter le décollement du yaourt de la paroi », précisait le document interne de l’entreprise. Les ouvriers de la verrerie BSN-VMC-DANONE à Givors – avant sa fermeture pour accroître la rentabilité du groupe – employaient largement pour ses traitements de surface à chaud le dioxyde de titane (TiO2), aux diverses appellations TICL4 ou IPET par exemple. Lors de la présentation, fin 2009, de son enquête santé aux autorités sanitaires et responsables de la santé et sécurité au travail, l’association des verriers relevait douze cancers du colon, du foie et de l’appareille digestif sur 92 cancers répertoriés. Mais la représentante de la cellule interrégionale d’études épidémiologique (CIRE), dépendante de l’Agence régionale de santé, considérait l’étude des verriers « non scientifique » et déclinait cependant l’invitation à réaliser… une étude « scientifique ».

A la verrerie de Givors, lors du CHSCT du 17 mars 1998, le médecin du travail rappelait, à propos des expositions au titane et à l’étain les risques de corrosion qui « provoquent des irritations cutanées et des irritations des voies respiratoires » et des « surcharges pulmonaire par des particules très fines de titane ou d’étain qui pénètrent dans les voies respiratoires ». Les délégués du CHSCT réclamaient de faire appel à un organisme spécialisé pour les examens de santé, alors que le directeur renvoyait les ouvriers « en parler à leur médecin traitant ». La CGT dénonçait « une hotte de titane qui fuit toute la journée ». Pendant que la responsable du personnel parlait de modifications et d’amélioration, l’inspectrice du travail demandait « quelles mesures ont été faites pour améliorer l’aspiration ? », le directeur confirmait les « problèmes de titane… des mesures ont été faites à l’intérieur de la hotte. Pendant 2 mois, on a fait une corrélation pour voir… ». A quand la reconnaissance en maladie professionnelle, par la Sécurité sociale, des pathologies liées à l’exposition aux oxydes de titane ?

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