Notre-Dame de Paris, Lubrizol à Rouen, mine d’or de Salsigne, bébé sans bras dans trois zones rurales françaises… le plomb, les hydrocarbures, l’amiante, l’arsenic, les pesticides, etc. Telle est l’actualité. Derrière ces catastrophes industrielles et environnementales, la litanie des risques de maladies qui se développent et souvent ne se déclareront que dans 10, 20, 30 voire 40 ans après l’exposition, reconnues ou non d’origine professionnelle par la Sécurité sociale.

Les Observatoires régionaux de santé (ORS), dépendant les Agences régionales de santé (ARS), réalisent des Diagnostics locaux de santé (DLS) dont la caractéristique est de ne jamais faire le lien avec les risques industriels traversés par les populations. Comme à Givors, on peut y constater dans les cités ouvrières un taux de patients hospitalisés pour le cancer du poumon plus élevé que dans les autres communes. Pour les hommes et les femmes, maladies cardio-vasculaires, tumeurs et l’appareil respiratoire constituent les causes principales de décès. Le taux de décès prématurés, avant 65 ans, y est supérieur à celui de la Région Rhône-Alpes.

Publication d’un article du Progrès sur un incident à la raffinerie de Feyzin en août 2018.

On peut relever dans le DLS pour le Pays Viennois l’ambroisie pour seul risque environnemental. Alors que la brochure www.lesbonsreflexes.com portant sur les risques industriels majeurs pour le Nord-Viennois, révèle la présence de gaz toxiques et inflammables, liquide et nuage toxique dangereux pour l’environnement, des risques d’incendie, explosion, pollution, contamination, rejets radioactifs, etc. L’amiante ne figure dans aucune des énumérations, alors que ce matériaux résistant à la chaleur est utilisé depuis des décennies dans ces entreprises de process. Dans toutes ces entreprises, il y a des salariés exposés quotidiennement à ces risques, même en absence « d’événement majeur ». La seule manipulation, transvasement, distillation, transformation, etc. de ces productions, souvent sans protection particulière, conduit à des expositions toxiques. Par contact, respiration, ingestion accidentelle, par petites doses quotidiennes, ces salariés pourront développer, la retraite venue, des pathologies dont la cause remontera à plusieurs années.

C’est la situation connue par les anciens verriers de Givors qui depuis dix ans mènent le combat pour la reconnaissance des maladies d’origine professionnelle. Quatorze de ces maladies ont été reconnues dont huit causées par l’amiante, une par le benzène, une par la silice, une par l’arsenic, une par les huiles minérales, deux en polyexposition à l’amiante, aux hydrocarbures et aux solvants. A six reprises, l’entreprise a été condamnée pour faute inexcusable pour ne pas avoir mis en œuvre les moyens de protection de ses salariés et vient d’être déboutée de son recours par la Cour d’appel de Lyon.

Pour la mise en évidence du lien entre les risques professionnels et les atteintes à l’environnement, le partage des expériences de luttes, les anciens verriers de Givors, en partenariat avec Sciences-Po Lyon organisent un colloque les 14 et 15 novembre prochain givors.sciencesconf.org/.

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