Le combat des verriers de Givors pour la reconnaissance des maladies professionnelles débuta au printemps 2009 par une enquête de santé parmi les membres de leur association. Six ans après la fermeture de la verrerie, les maladies se déclaraient et les enterrements endeuillaient familles et amis. Il fallait comprendre. C’est ainsi que dix ans après les anciens verriers enregistrent quatorze reconnaissances en maladie professionnelles et six condamnations de l’ancien employeur pour faute inexcusable. L’amiante, la silice, les hydrocarbures, solvants, etc. sans protection, ou avec des dispositifs de sécurité défaillants sont mis en cause devant les juridictions.

Mais ce combat intéresse bien au-delà de cette industrie locale. D’autres travailleurs, dans d’autres entreprises de l’agglomération ou de la vallée de la chimie, sont confrontés aux mêmes risques et disparaissent pour les mêmes raisons, dans les mêmes souffrances. C’est pourquoi les verriers ont souhaité porter ce combat plus loin. Dès 2012, ils ont organisé un premier colloque sur ces questions de sécurité au travail, « pour ne plus mourir à gagner sa vie » ! En 2015, ils en organisaient un second entraînant la participation de nombre de militants d’entreprises, mais aussi de praticiens, de chercheurs, de juristes, etc. tant le sujet est universel.

Cette année, les jeudi 14 et vendredi 15 novembre l’association des anciens verriers organise son troisième colloque. Le sujet permit de lier des partenariats avec le monde de la recherche. Sciences Po Lyon, Triangle, LARHRA, l’Axe Santé et Sociétés Maison des Sciences de l’Homme (MSH) Lyon Saint-Etienne. Des chercheurs en sciences humaines et sociales de laboratoires de plusieurs universités lyonnaises et parisiennes participeront à ce colloque scientifique aux côtés de militants de syndicats et associations engagés dans l’action pour la reconnaissance des maladies professionnelles et la défense de l’environnement. Car les risques professionnels ne s’arrêtent pas aux portes des usines et fabriques. C’est pourquoi ce 3e colloque, organisé sur deux jours au travers de cinq ateliers aura pour thème central :

Du travail au lieu de vie. Quelles mobilisations contre les risques professionnels et les atteintes à l’environnement ?

Le nombre d’enfants asthmatiques a ainsi doublé en deux décennies, en grande partie à cause de la pollution.

Ce colloque se fonde sur le constat du développement de pathologies d’origine industrielle et de leur sous-estimation dans les statistiques existantes. Ces maux sont dits et dénoncés par les populations qui les subissent depuis les années soixante-dix, et plus encore dans un contexte de désindustrialisation au cours duquel les travailleurs restent exposés à l’héritage toxique des entreprises qui ferment. Ce colloque explorera les obstacles auxquels sont confrontés les collectifs qui s’engagent dans les procédures de reconnaissance de l’origine industrielle de ces maladies, en invitant les chercheurs qui ont enquêté sur ces questions et les acteurs confrontés à ces difficultés.

Organisé à Givors, dans une ville devenue symbole de ces mobilisations sanitaires par le combat de ses anciens verriers, et dans un contexte de désindustrialisation, ce colloque participera à éclairer des enjeux qui sont partagés sur de nombreux territoires à travers l’Europe. L’initiative aura ainsi une visibilité scientifique nationale, tout en mobilisant des chercheurs travaillant sur ces enjeux dans plusieurs pays européens et à l’échelle des institutions européennes.

D’ores et déjà, pour suivre la préparation de ce colloque, connaître l’organisation des travaux, s’inscrire pour participer à un atelier, venir témoigner, un site Internet dédié a été créé :

https://givors.sciencesconf.org/
Praesent amet, lectus commodo Donec ut suscipit dolor. elementum justo adipiscing