Pendant longtemps, la vision d’une cheminée fumante était interprétée positivement par de nombreux témoins, comme signe de prospérité : tant qu’il y avait du travail… Cependant, l’histoire de la gestion des pollutions a montré que depuis l’avènement de l’ère industrielle, les activités de production ont toujours engendré leur lot de plaintes et de craintes, pour motif d’incommodité, d’insalubrité ou de dangerosité.

La pollution, à partir du lieu de travail, n’épargne pas les populations. La verrerie sur les bords du Gier.

A partir du constat de la grande transformation de la carte industrielle de la France depuis les années 1970, nous voulons interroger la reconnaissance des risques sanitaires et environnementaux liés aux industries, pour l’ensemble de la population et du milieu qui les entoure – ce qui, parfois, aboutit à un cumul d’inégalités sociales, environnementales et sanitaires pour les salariés riverains de l’usine. De même que dans les affaires de santé au travail, la maladie se déclare bien souvent après la fin de l’activité professionnelle, c’est fréquemment au moment de la fermeture d’un site, voire bien longtemps après, que ces préoccupations parviennent sur le devant de la scène médiatique. Après avoir évoqué certaines des principales affaires de ces cinquante dernières années, l’atelier s’intéressera aux acteurs, aux temporalités et aux modes d’action des mobilisations pour la protection de la santé des travailleurs et des riverains et pour la défense de l’environnement.

Parmi les animateurs de cet atelier, on retrouvera : Stéphane Frioux, maître de conférences d’histoire contemporaine, Université Lumière Lyon2, qualité de l’environnement (air, bruit, eau) dans les villes françaises, gestion des sols pollués en milieu urbain (Larhra) ; Annie Thébaud-Mony, Sociologue, Directrice de recherche honoraire à l’INSERM, Présidente de l’association Henri Pézerat ; Thomas Zanetti, Maître de Conférences en Géographie et Aménagement Université Lyon3 ; un militant d’association de lutte pour le respect de l’environnement.

Parmi les intervenants qui envisagent de participer à cet atelier certains viendront rappeler les risques industriels environnementaux pointés par le Diagnostic local de santé de 2016 réalisé à Givors par l’Observatoire régional de santé (ORS) Rhône-Alpes. Une ex-enseignante Givordine présentera les conséquence de l’environnement industriel sur la santé des enfants. Mais aussi l’insuffisance des moyens publics pour assurer se suivi médical, au travers de la médecine scolaire notamment. Une chercheuse en géographie sociale interviendra sur plusieurs dynamiques conflictuelles relatives à l’aménagement et à l’environnement en territoire fortement industrialisé, soulignant les mobilisations d’habitants et d’acteurs à l’œuvre depuis les années 2000 dans des territoires en partie annexés pour les besoins de développements industriels. Une scientifique lyonnaise lanceuse d’alerte viendra partager son expérience sur un scandale environnemental, objet de polémique que les autorités rechignent à prendre en considération. L’atelier bénéficiera aussi de la communication d’un juriste formé à l’université libre de Bruxelles, titulaire d’un doctorat à l’université de Nantes avec une thèse sur le rôle du droit communautaire dans l’harmonisation du droit de la santé au travail en Europe engagé par l’ ETUI, Institut européen du travail, sur les questions de santé au travail au niveau européen.

D’ores et déjà, pour suivre la préparation de ce colloque, connaître l’organisation des travaux, http://www.vive-fr.org/ s’inscrire pour participer à un atelier, venir témoigner, un site Internet dédié a été créé : https://givors.sciencesconf.org/

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