Depuis la loi portant sur la création des délégués à la sécurité des mineurs en 1890, les mobilisations ouvrières pour l’amélioration des conditions de travail ont conquis la création d’instances rendant théoriquement possible un contrôle exigeant des salariés sur les risques et l’insécurité au travail. Ces possibilités sont toutefois contraintes par la condition salariale qui place juridiquement les travailleurs dans une relation de subordination à l’employeur. Cette relation asymétrique renforce la difficulté à se lier à des groupes extérieurs au salariat, tels les riverains ou les écologistes mobilisés face à la pollution industrielle ou des scientifiques militants participant à la critique du productivisme.

Quelles sont les stratégies mises en œuvre par les salariés ? A quels obstacles se confrontent-ils ? Quels leviers permettent de rééquilibrer ce rapport de force inégalitaire ? Existe-t-il en la matière une spécificité de certains secteurs industriels ? Quels seront les effets de la fusion des CHSCT dans l’instance unique du Comité social et économique (CSE) dans la construction d’une politique de prévention dans les entreprises et dans la transmission des archives et de l’expérience acquise ? Quels peuvent être les apports réciproques des acteurs de la santé au travail, incluant les médecins de prévention, et de ceux de la santé environnementale à l’heure de la recomposition des Instances représentatives du personnel (IRP) ? Comment peuvent se reconstruire des relations fructueuses entre les enjeux de santé au travail et de santé environnementale dans la perspective de la construction d’une politique effective de prévention ?

A la verrerie, le graissage des moules à 800° dégage une vapeur d’hydrocarbure hautement cancérogène, des HAP., toutes les 20 minutes. L’amiante y est largement utilisée.

Autant de questions et sans doute d’autres qui animeront les travaux de ce premier atelier au colloque qui se réunira les 14 et 15 novembre 2019 à Givors. Cet atelier sera animé par Rosa Dacosta responsable régionale santé au travail de l’Union régionale CGT Auvergne-Rhône-Alpes ; François Duchène chercheur en aménagement et politiques urbaines de l’Université de Lyon ; Anne Marchand sociologue de l’Université d’Evry (91) ; Laurent Dufour, secrétaire CHSCT de la verrerie de Puy-Guillaume (63).

Outre les anciens verriers de Givors qui viendront témoigner sur leur long combat pour faire respecter des conditions de travail décentes ; le secrétaire d’un CHSCT du Réseau de transport d’électricité Auvergne-Forez viendra évoquer le combat pour la reconnaissance des risques dans cette profession ; une historienne du travail apportera la connaissance historique du combat ouvrier pour le droit à la santé au travail ; un inspecteur du travail apportera son expérience du terrain de cette lutte inégale sur le lieu de travail entre le patronat et le salariat pour le respect de la santé au travail ; une infirmière du travail fera part de son expérience professionnelle dans la chimie ; un économiste du travail et des politiques sociales éclairera les débats sur les coûts de l’insécurité au travail ; la responsable d’un CHSCT d’une plateforme chimique de la vallée du Rhône apportera les échos du combat pour la reconnaissance de sites industriels amiantés ; un maître de conférences en Sociologie à l’université d’Evry, auteur d’un livre sur le syndicalisme et la santé au travail fera part des ses recherches en ce domaine. Beaucoup d’autres intervenants d’expériences diverses en ce domaine sont annoncés qui apporteront des éclairages multiples aux débats.

D’ores et déjà, pour suivre la préparation de ce colloque, connaître l’organisation des travaux, http://www.vive-fr.org/ s’inscrire pour participer à un atelier, venir témoigner, un site Internet dédié a été créé : https://givors.sciencesconf.org/

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